Lors d'une récente visite à Kiev, Clément Beaune, le ministre français des Transports, s'est arrêté dans la ville portuaire ukrainienne d'Odessa pour rendre hommage à ses ancêtres juifs qui ont fui les pogroms pour la France vers 1910, avant d'être déportés par les autorités françaises à Auschwitz en 1944. et assassiné là-bas par les nazis.
Ce n’était guère une affaire comme d’habitude pour un ministre dont les obligations habituelles incluent la gestion des grèves ferroviaires et des effondrements d’aéroports. Mais M. Beaune, 42 ans, s'est bâti une réputation d'iconoclaste animé par des convictions personnelles, au premier rang desquelles une identification passionnée à l'idée d'une Europe unie.
"J'ai en moi un petit morceau de cette histoire tourmentée, et c'est l'histoire de tous les Européens", a déclaré dans une interview M. Beaune, un homme au visage enfantin, au regard franc et à la barbe astucieusement hirsute. « Nous sommes un continent de personnes, de familles et de nations déchirées. Nous devons nous rappeler que l’Union européenne est un miracle quotidien.»
A Odessa, M. Beaune a visité l'ancienne synagogue où avait vénéré un arrière-grand-père, Israël Naroditzky. Il a rappelé les histoires de sa grand-mère maternelle sur Odessa, qui faisait alors partie de l’Empire russe. Il a réfléchi aux forces – l’antisémitisme, le fascisme, le communisme, l’impérialisme – qui ont alimenté les meurtres de masse au XXe siècle, notamment les meurtres de M. Naroditzky, de son frère et de l’un de ses fils.
Technocrate devenu homme politique, M. Beaune est aux côtés du président Emmanuel Macron depuis près d’une décennie, soit plus longtemps que pratiquement n’importe qui dans le cercle présidentiel restreint. Le quotidien Le Monde l’a surnommé le « chouchou » de M. Macron.
Mais M. Beaune est d...
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