Qu’ont en commun certains juges et médecins de la Cour suprême ? Tous deux acceptent des cadeaux de ceux qui peuvent profiter de leurs décisions, et tous deux pensent à tort qu’ils ne peuvent pas se laisser influencer par ces cadeaux.
Les cadeaux ne sont pas seulement des marques de respect ; ils sont la graisse et la colle qui aident à maintenir une relation. Ce n’est pas toujours malsain, mais il est important de noter que les cadeaux créent une obligation. L’endettement du bénéficiaire envers le donateur est une norme sociale dans toutes les cultures et un principe fondamental de l’interaction humaine – un sujet sur lequel le sociologue français Marcel Mauss a écrit dans son essai classique Le Cadeau.
Ce sentiment de réciprocité est inconscient et puissant, et ne nécessite pas nécessairement une contrepartie. En d’autres termes, un cadeau matériel ne doit pas nécessairement être réciproque en tant que cadeau matériel, mais peut être réciproque d’autres manières, notamment par un penchant plus favorable envers une entreprise, un groupe ou une personne.
L’utilisation de cadeaux pour manipuler les sentiments et les choix m’intéresse depuis des décennies. Je suis médecin et professeur et je dirige PharmedOut, un groupe de recherche du centre médical de l’université de Georgetown qui étudie les pratiques secrètes de commercialisation des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux. On m'a parfois demandé de servir de témoin expert rémunéré au nom de plaignants dans des litiges concernant le marketing pharmaceutique.
Bien que mes recherches se concentrent sur la façon dont les sociétés pharmaceutiques manipulent subtilement les convictions des médecins sur les médicaments et les maladies, nous voyons maintenant des questions sur les cadeaux se poser devant le plus haut tribunal du pa...
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