Le traumatisme est toujours présent. Dans la nuit du 1er au 2 juillet, au cœur des émeutes causées dans toute la France par la mort du jeune Nahel, tué par un policier le 27 juin lors d'un contrôle routier à Nanterre (Hauts-de-Seine), un véhicule enflammé avait été précipité sur le pavillon du maire de l'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne). Présente dans la maison, l'épouse de l'élu, la conseillère départementale Mélanie Nowak, s'était blessée en prenant la fuite avec ses deux jeunes enfants et avait dû être hospitalisée.
Près de deux mois après les faits, les images sont encore bien présentes dans la tête de Vincent Jeanbrun (Les Républicains), qui peine à reprendre une vie normale. "Mes enfants me demandent toujours si les 'méchants', les 'voleurs' comme ils les appellent, ont été arrêtés", confie-t-il dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article.
Il faut dire que les auteurs de cette agression, qui avait suscité une vive émotion dans le pays et l'indignation de l'ensemble de la classe politique, n'ont toujours pas été identifiés et que l'enquête est toujours en cours. Si en juillet, 12 personnes avaient été interpellées, elles avaient finalement été relâchées. Depuis, Vincent Jeanbrun est placé sous protection policière. "Je vous mentirais si je vous disais qu'on se sent parfaitement en sécurité. Des personnes n'ont pas hésité à planifier une attaque de mon domicile", rappelle le maire.
L'élu peut heureusement compter sur le soutien de sa population. "Sa propre maison a été visée, et ça c'est pas normal du tout", dénonce un habitant de l'Haÿ-les-Roses quand une autre trouve ça "minable" même si elle estime que "quelque part il y a des raisons".
Depuis ce violent épisode, le calme est revenu dans la ville du Val-de-Marne. Les traces des violences urbaines, elles, sont toujours présentes dans cette commune de 32.000 habitants, divisée entre rues pavillonnaires et quartiers populaires, et d'habitude plutôt tranquille. Dans la Cité des Pervenches, des jeunes rencontrés dans le 20H de TF1 veulent tirer les leçons de cette semaine d'émeutes. "On veut expliquer aux plus jeunes que ce n'est pas comme ça que ça va changer. Il y a déjà des plus vieux qui ont fait ça avant, et malheureusement ça n'a pas changé", explique l'un d'eux.
Surtout, ces habitants de la Cité des Pervenches attendent toujours une réponse de la ville pour apaiser la colère. "Vous pouvez voir ici, il n'y a rien, il n'y a rien pour nous", déplore un autre qui pointe le fait que des enfants jouent au foot à côté sans filet. "On joue le rôle de la mairie, puisqu'il y a des grands qui s'occupent d'emmener les jeunes en activité", pointe-t-il encore.
Pour l'opposition municipale aussi, le maire aurait dû réagir dès cet été. "Il aurait fallu appeler au rassemblement de toutes et tous, à travers un Conseil municipal, à travers une réunion dans les quartiers, de sorte que tous, nous puissions réagir", estime Olivier Lafaye, conseiller municipal d'opposition (Renaissance). Le maire, lui, assure pourtant investir dans les quartiers populaires. Depuis 2014, la ville a déboursé plusieurs dizaines de millions d'euros, pour reconstruire entièrement certains immeubles de l'Haÿ-les-Roses.
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