Elle bute sur les mots, doit interrompre son récit à plusieurs reprises, tâtonnant avec difficulté dans ses souvenirs. « Voilà, ça c’est typiquement un symptôme de la maladie de Lyme : il y a des moments où je parle et les mots partent de ma tête » , s’impatiente Annie Okrzesik. Cette ancienne enseignante d’anglais de 67 ans a été piquée par une tique en 2000, alors qu’elle disputait une partie de golf, à proximité d’un bois.
« Sous la douche, je l’ai rapidement repérée sur ma poitrine, elle était toute petite, c’était une nymphe. Et j’ai fait tout ce qu’il ne fallait pas faire : la toucher avec les doigts et l’arracher. Vous la touchez, vous l’agressez, donc elle régurgite. J’ai appris ça plus tard, à mes dépens. »
Fatigue chronique, troubles neurologiques et cognitifs, douleurs articulaires et musculaires, troubles intestinaux, alternance entre périodes d’insomnie et d’hypersomnie… La liste de ses symptômes a de quoi donner le vertige.
Annie a ainsi vu sa santé décliner, sans comprendre d’où venait le mal : la maladie de Lyme, autrement appelée borréliose de Lyme, alors encore insaisissable par le milieu médical en raison de sa propension à « imiter toutes les autres », ne sera diagnostiquée que dix ans plus tard, au te...
[Courte citation de 8% de l'article original]