Qu'est-ce que la soumission masculine ? Pourquoi certains hommes aiment être soumis et certaines femmes prennent plaisir à les dominer ? Quelles sont les limites de la soumission masculine ? La sexologue Alexandra Vatimbella nous apporte son éclairage.
Qu'entend-on par le concept d'"homme soumis" ? Est-il forcément en couple avec une dominatrice ? L'imaginaire (cuir noir, harnais, collier de cou, chaînes...) est-il au coeur de ces pratiques ? Comment sont-elles codifiées (contrat, safeword...) ? Toutes les réponses d'Alexandra Vatimbella, sexologue clinicienne, thérapeute de couple, sophrologue, praticienne en EFT et art-thérapeute.
La soumission est une pratique érotique consistant, pour l'un des partenaires d'un couple, "à se placer dans une position d’infériorité ou, en tout cas, de répondre aux désirs - sexuels ou non - de l'autre personne, au sein d’une relation où règne une dynamique d’ordre érotique", définit la sexologue Alexandra Vatimbella. Le magazine Sciences Humaines a, par ailleurs, consacré un article recensant les quatre formes de soumission dans la littérature, allant de la servilité, au syndrome de Stockholm, en passant par le masochisme.
Un soumis ou une soumise, c’est quelqu’un qui choisit d’agir comme une personne qui va être dirigée par son dominant ou sa dominante. Son maître ou sa maîtresse. Un homme soumis décide de se mettre à disposition de son/sa partenaire, il joue un rôle qui est de se soumettre à la personne dominante. Pour autant, ponctue la sexologue, "un homme soumis ne l'est pas forcément dans la vie de tous les jours. Il peut l'être exclusivement lors de jeux qui impliquent des pratiques érotiques de l’ordre du BDSM" (bondage, dominant, soumis, sado, maso) au sein du couple.
D'ailleurs, nuance-t-elle, on peut pratiquer la soumission avec ou sans sévices, douleurs physiques. Chaque couple établit ses propres règles en fonctions de ses désirs et limites. Dans la collection érotique des maisons d'édition, il existe de nombreux livres sur le thème de la soumission, à l'instar de "Soumis à lui" de Dominique Adam relatant les débuts de Jean, employé soumis sexuellement à son patron. On trouve également des podcasts dédiés au sujet et notamment le podcast de Célia Héron et Virginie Nussbaum "Dans la peau de Luc, homme soumis par plaisir" où un Français, un Lausannois de 39 ans, relate son parcours d'homme soumis dans le cadre du BDSM, pratiques sexuelles basées sur la contrainte et la domination.
Il peut s'agir d’un homme, jeune ou mature, ayant de grandes responsabilités au travail (type hommes d'affaires) et qui éprouve un besoin de lâcher prise, d’abandon vis-à-vis d’une personne de confiance. En effet, précise Alexandra Vatimbella, "la soumission ne peut se vivre que dans une relation de pleine confiance pour pouvoir complètement s’abandonner et expérimenter un total lâcher prise". Le livre autobiographique "L'homme soumis" de Alégarec (souhaitant conserver l'anonymat, l'auteur a utilisé un pseudonyme), en constitue une bonne illustration. Il y a aussi le livre "L'homme soumis, vacuité et orage" d'Houssam Hassani publié en France chez la maison d'édition Edilivre.
Ainsi, dans le cas d'hommes ayant des positions très dominantes dans la vie et notamment beaucoup de pouvoir au sein d'une/de leur entreprise, tomber le costume d'homme dominant et se placer en position de soumission dans le cadre de leurs relations intimes va leur permettre, à l’inverse, de n’avoir plus à prendre aucune décision et de se contenter de répondre à des ordres. En outre, ajoute-t-elle, "cette pratique érotique leur permet d’être davantage dans le moment présent". Pour d'autres hommes, ce besoin de soumission peut provenir du fait d'avoir grandi dans une famille dysfonctionnelle où ils ont fait l’objet de sévices ou ont été soumis à une forte autorité. De fait, "pour eux, amour et soumission/domination sont liés", constate la sexologue.
Pour certains aussi, c'est par besoin d'éprouver des émotions érotiques très fortes. En effet, "la pratique de la soumission, c’est intense émotionnellement au point même, parfois, d'avoir une fonction thérapeutique anxiolytique, un peu comme un shoot, une drogue dont le soumis peut devenir dépendant", remarque-t-elle encore. Apparemment, certaines personnes souffrant de problème...
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