Objectif Lune : après l'Inde, quels sont les pays sur la rampe de lancement ?

LCI - 28/08
[VIDÉO] - La Lune, où un vaisseau indien s'est posé la semaine dernière, fait de nouveau rêver les agences spatiales, qui multiplient les programmes ambitieux pour s'y rendre. Les pays candidats sont de plus en plus nombreux mais la Lune ne se livre pas facilement, comme on a pu le voir récemment avec l'échec de la mission russe Luna-24. Passage en revue des États qui rêvent d'y aller (ou d'y retourner).

La Lune, où un vaisseau indien s'est posé la semaine dernière, fait de nouveau rêver les agences spatiales, qui multiplient les programmes ambitieux pour s'y rendre.
Les pays candidats sont de plus en plus nombreux mais la Lune ne se livre pas facilement, comme on a pu le voir récemment avec l'échec de la mission russe Luna-24.
Passage en revue des États qui rêvent d'y aller (ou d'y retourner).

L’Inde a fait son entrée dans le gotha lunaire le 23 août, en parvenant à poser en douceur, pour la première fois, un engin spatial sur la surface de la Lune, quatre ans après une première tentative qui s’était soldée par un échec. Le succès de la mission Chandarayaan-3, célébrée en grande pompe dans tout le pays, a été qualifié de "jour historique" par le Premier ministre indien, Narendra Modi. Quelques jours avant la tentative indienne, la Russie (47 ans après sa dernière mission lunaire), a pour sa part échoué, sa sonde Luna-25 s'étant écrasée le 19 août dans une région relativement proche. 

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La preuve, s’il en fallait, qu’un alunissage contrôlé ça ne s’improvise pas ! Et c’est justement la raison pour laquelle on compte sur les doigts d’une main les nations ayant réussi à mener avec succès une telle opération. À ce jour, seuls l'Union soviétique (avec la mission Luna-9, en février 1966), les États-Unis (Surveyor-1, quatre mois plus tard), la Chine (Chang’e-4, en 2019) et donc maintenant l’Inde sont parvenus à procéder à l’alunissage contrôlé d’une mission robotique. Avant d'être rejoints par d'autres pays ?

Le Japon dans les starting-blocks

En effet, le Japon s’apprête à retenter sa chance. Dans les prochains jours, une fusée nipponne H2-A doit décoller de la base de lancement de l'agence spatiale japonaise (Jaxa) à Tanegashima, dans le sud-ouest de l'archipel. Elle doit emmener dans l'espace, entre autres, un atterrisseur lunaire, dans le cadre de la mission SLIM. Ce module expérimental, baptisé "Moon Sniper" ("sniper lunaire" en français), est censé tester une technologie d'alunissage de haute précision, à 100 mètres maximum de sa cible contre plusieurs kilomètres habituellement.

Le Japon avait déjà tenté en novembre dernier de poser une mini-sonde sur la Lune, embarquée à bord de la mission américaine Artemis-1. Mais la communication avec "Omotenashi" ("hospitalité" en japonais) avait été perdue peu après l'éjection de cette sonde dans l'espace, en raison d'une défaillance de ses batteries. Et en avril de cette année, une jeune entreprise privée japonaise, iSpace, a échoué à faire alunir son module Hakuto-R, qui s'est probablement écrasé sur la surface de la Lune.

Un vaisseau européen après 2030 ?

La Corée du Sud est également dans les starting-blocks. En décembre 2022, l’Institut coréen de recherche aérospatiale (Kari) a placé en orbite lunaire sa sonde "Danuri", lancée quelques mois plus tôt à bord d'une fusée SpaceX. Séoul s'est donné pour objectif de poser un engin sur la Lune en 2032. 

Quant à l’Europe, dont l’horizon lunaire se limite à des coopérations, le salut pourrait venir du projet Argonaute. Encore à l’état d’ébauche, ce programme a été approuvé l’an dernier par le Conseil de l’agence spatiale européenne (Esa) au niveau ministériel. 

L'agence spatiale européenne (Esa) a validé l'an dernier le programme Argonaute qui vise à poser en douceur un vaisseau spatial sur la surface de la Lune, au cours de la prochaine décennie. - ESA

Au total, cinq missions sont prévues au cours de la prochaine décennie, dont l’alunissage du premier module lunaire de fabrication européenne, qui s’appellera donc Argonaute. Si la Lune fait de nouveau rêver les agences spatiales, plusieurs entreprises privées sont aussi sur la rampe de lancement. La startup japonaise ispace a fait savoir qu'elle procédera à un nouvel essai dans le courant de l'année 2024. Avant cela, deux sociétés privées américaines, Astrobotic et Intuitive Machines, devraient, elles aussi, tenter leur chance, vraisemblablement d’ici à la fin de l’année.

Matthieu DELACHARLERY

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