La dernière qu’on a vu des stars américaines sur un tapis rouge ? C’était le 13 juillet dernier à Londres, pour l’avant-première de Oppenheimer de Christopher Nolan. Ce soir-là, Matt Damon, Cillian Murphy ou encore Emily Blunt avaient joyeusement posé pour les photographes, comme si de rien n'était… avant de s’éclipser à l’entrée du cinéma à la dernière seconde en signe de solidarité avec leurs collègues, sur le point de se mettre en grève à Hollywood, rejoignant les scénaristes qui avaient cessé le travail le 2 mai. Du jamais vu depuis les années 1960.
Depuis, le syndicat SAG-AFTRA a édicté des règles strictes, allant jusqu’à interdire toute forme d’activité promotionnelle aux acteurs, y compris sur les réseaux sociaux. Jusqu’à la Mostra de Venise, qui ouvre ses portes ce mercredi. À 48 heures du début des festivités, l'organisation vient d’accorder un "bon de sortie" à une poignée de célébrités. La raison ? Leurs films n’ont pas été financés par des producteurs qui font partie de l’AMPTP (Alliance of Motion Picture and Television Producers), l’association qui regroupe les "gros" comme Disney, Warner ou encore Netflix.
Au Lido, les cinéphiles vont donc apercevoir Adam Driver, la star de Ferrari, le biopic très attendu réalisé par Michael Mann, Jessica Chastain, vedette de Memory, un drame du réalisateur mexicain Michel Franco, Jacob Elordy et Cailee Spaeny qui incarnent Elvis Presley et son épouse dans Priscilla, le nouveau film de Sofia Coppola ou encore Caleb Landry Jones, tête d’affiche de Dogman de Luc Besson. Profiteront-ils de leur présence en Italie pour donner leur avis sur la crise que traverse l’industrie cinématographique ?
Depuis le début de l’été, c’est un bras-de-fer sans merci que se livrent syndicats et studios. Si une poignée de productions indépendantes ont obtenu une "dérogation" pour continuer à tourner, tous les films et séries produits par les majors et les plateformes sont à l’arrêt, menaçant les grilles de programmes et les calendriers de sorties jusqu’à la fin de l’année et sans doute au-delà. De l’intéressement aux revenus du streaming à l’encadrement de l’intelligence artificielle, les deux camps paraissent plus éloignés que jamais, menaçant tout l’équilibre du secteur.
Mardi dernier, les représentants de la Writer’s Guild of America (WGA), le principal syndicat des scénaristes, ont été refroidis par une rencontre au sommet avec les pontes des studios. "Ce n’était pas une réunion pour faire un marché. Il s’agissait d’une réunion pour nous amener à céder", ont-ils réagi à la sortie, repoussant une offre qu’ils considèrent inacceptables. Du côté des acteurs, c’est encore pire, le SAG-AFTRA attendant toujours une nouvelle date de rendez-vous.
Et puis à Hollywood, la grève est aussi une guerre d’image. En attendant d’éventuelles prises de parole à Venise ou ailleurs, les télés américaines diffusent en boucle les images d’acteurs célèbres participant aux piquets de grève. On a pu ainsi apercevoir Colin Farrell, Richard Gere, Olivia Wilde, Kevin Bacon, Florence Pugh, Amy Adams ou encore Elliot Page… Sans parler de ceux comme Leonardo DiCaprio, George Clooney et autre Meryl Streep qui ont créé un fonds de soutien pour les grévistes.
Conscients de passer pour les "méchants "de l’Histoire, les membres de l’AMPTP viennent d’engager The Levinson Group, une agence de communication de crise afin de les aider à reprendre la main dans les médias, révèle The Hollywood Reporter. On se rappelle qu'au tout début de la grève, le grand patron de Disney Bob Iger s’était attiré les foudres des syndicats en déclarant "pas réalistes" les réclamations des acteurs et des scénaristes, les accusant de faire du mal à une industrie en crise depuis le Covid. Au même moment, la presse révélait qu'il avait gagné 24 millions de dollars en 2022, salaire et bonus compris.
"Je comprends Monsieur que vous voyez les choses so...
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