Florian Grill : « La Coupe du monde de rugby est un levier formidable pour rassembler »

Serge Raffy - LePoint - 28/08
ENTRETIEN. À quelques jours du début de la Coupe du monde à domicile, le président de la FFR ambitionne de faire de cet événement un levier pour relancer le ballon ovale.

Après la crise qu'il vient de traverser, le rugby français se veut ambitieux. Objectif immédiat : atteindre la finale de la Coupe du monde qui commence le 8 septembre. Les Bleus seront-ils à la hauteur ? Élu président de la Fédération française de rugby en juin 2023, Florian Grill, qui succède à Alexandre Martinez, président par intérim depuis la démission de Bernard Laporte, l'espère.

Selon ce pro de la com, qui défend un retour du rugby des villages, se hisser sur le toit du monde serait un excellent levier de soft power à la française. Quel que soit le résultat, le nouveau président entend relancer le ballon ovale en misant sur une croissance équilibrée du sport dans toutes ses dimensions. Pour cela, il s'emploie à convaincre les entreprises de s'investir davantage dans le rugby, et pas seulement pour la visibilité maillots et droits télé.

Le Point : Vous êtes un tout jeune président, élu il y a seulement deux mois à la tête de la FFR. La crise que vous venez de vivre, après le départ de Bernard Laporte, est-elle derrière vous ?

Florian Grill : Oui, je crois. Avec mon équipe, nous avons joué le jeu de l'apaisement pour fédérer toutes les énergies et sortir de ce que j'appellerais la gouvernance des clans. À quelques semaines d'un événement aussi exceptionnel que l'organisation du Mondial de rugby dans notre pays, nous avions un impératif absolu : serrer les rangs autour des Bleus, leur donner l'exemple de l'union, du dépassement de soi, des petites rivalités et des ambitions même légitimes.

À LIRE AUSSICoupe du monde de rugby : les raisons du choix de GalthiéEn deux mots, vous avez fumé le calumet de la paix avec les amis de Bernard Laporte et de Serge Simon, pour impératif national.

On peut le dire comme cela, mais cela va bien au-delà d'une trêve de circonstance. Il fallait sortir au plus vite de ce conflit mortifère qui n'apporte que de la division. C'est pour cette raison que, dès mon élection, j'ai accueilli cinq partisans de Bernard Laporte au sein du bureau fédéral, composé de douze membres. Ce geste de conciliation, je ne l'ai pas fait dans le seul but d'accueillir le rugby mondial dans la sérénité. Le message a été compris, même par ceux qui étaient mes adversaires. Au bout de deux mois de gouvernance, il n'y a plus de clan, tout simplement parce que nous agissons dans la plus totale transparence. C'est un nouveau mode de management, c'est vrai.

Attention, je ne dis pas qu'avant moi, le mon...
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