Les heures heureuses, Pascal Quignard. Albin Michel
Pascal Quignard invite le lecteur à se fondre dans ses pas, ceux d’un solitaire, pour dévorer les grands espaces. (Photo DR)
Depuis près de 55 ans et L’Être du balbutiement (1969), on le croise régulièrement. Parfois, lors de Tous les matins du monde. Cet été dans Le Dernier Royaume. C’est le temps d’un douzième de cette somme, titré Les Heures heureuses. Pour l’occasion, Pascal Quignard a changé de maison d’édition – juste un détail tant l’essentiel de son œuvre demeure. Une fois encore, il invite le lecteur à se fondre dans ses pas, ceux d’un solitaire, pour dévorer les grands espaces.
Une fois encore, tout Quignard est dans ces pages en belles digressions : la liberté; l’amitié avec la romancière Emmanuelle Bernheim décédée en 2017; la passion pour l’Histoire… L’écriture est ciselée. Ainsi, Les Heures heureuses est bien plus qu’un roman, un journal : c’est un objet littéraire non identifié avec son lot de changements de rythme, voire de style. Les deux premiers chapitres évoquent l’importance de l’heure; dans le suivant, l’auteur présente son projet : «Dans ce livre où je veux quitter la lettre, il me faut recueillir ces ultimes vestiges : les chiffres et les dates. Les heures qui les assemblent.»
Il y a aussi la plage d’Ischia où se baignait l’amie déjà malade et «les heures heureuses». La mort rode, la question est posée : «Qu’est-ce qu’une tombe? Un corps sous une pierre. Qu’est-ce qui est inscrit sur cette pierre? Un nom, une date». Un texte essentiel.
Glory, NoViolet Bulawayo. Éditions Autrement
Habituellement peu porté à l’enthousiasme, le quotidien londonien The Times évoque tout de même «400 pages de pyrotechnie verbale et de magie animale». L’éditeur français, quant à lui, parle d’«un roman satirique incisif, inventif et édifiant», et en 2022, le livre est ...
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