Comment le livre a résisté au Covid-19… et affronte notre époque

Christophe Ono-dit-Biot - LePoint - 30/06
ENTRETIEN. Pandémie, #MeToo, diversité… Le président du Syndicat national de l’édition et patron de Média-Participations, Vincent Montagne, s’est confié au « Point ».

« L'amour au temps du choléra ». C'était le titre d'un des chefs-d'œuvre du Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez, paru en 1985. Mais il pourrait s'appliquer aussi à la situation que connaît en ce moment le livre, à condition de remplacer « choléra » par « Covid-19 ». Car, oui, l'amour pour le livre en temps de pandémie reste une réalité. En témoignent les bons chiffres produits par le Syndicat national de l'édition (SNE) à l'occasion de son assemblée générale tenue le 24 juin dernier, et regroupés dans son rapport annuel. Bons chiffres, et même très bons (et pas seulement dans l'édition numérique, qui a progressé de 13,5 % par rapport à 2019, générant 236,6 millions d'euros de chiffre d'affaires), si l'on tient compte des confinements et des fermetures de librairies, qui auraient dû beaucoup plus impacter les ventes, voire produire un véritable désastre dans le secteur.

Pour autant, la situation est-elle au beau fixe sur tous les continents de la planète livre ? L'occasion d'en parler avec le grand patron du SNE depuis 2012, Vincent Montagne, son président, par ailleurs président-directeur général depuis trente ans de Média-Participations, quatrième groupe d'édition français regroupant des maisons d'édition qui font référence dans le domaine littéraire (avec le Seuil ou les éditions de l'Olivier), dans le domaine de la jeunesse ou de la BD (avec Dargaud, Dupuis, Le Lombard, Kana ou Urban Comics), et également très actif dans la presse (de Rustica à Spirou) comme dans le jeu vidéo et l'audiovisuel, dont il est un acteur majeur en tant que producteur de dessins animés. Des ventes, mais aussi de la pl...
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