Des dizaines de navires bloqués dans le canal de Panama. Publiées sur les réseaux sociaux, les images impressionnantes de cette longue file d'attente sont la conséquence d'une sécheresse sans précédent dans l'un des plus importants passages maritimes au monde. Emprunté chaque année par plus de 13.000 navires, le canal de Panama a vu son accès restreint ces derniers mois par les autorités qui le gèrent en raison de sa faible profondeur du moment.
In what is being called the “world’s worst traffic jam,” some 200 cargo ships are waiting to pass at the Panama Canal as the area experienced its worst drought in 100 years. pic.twitter.com/SHh6wa8muF — Massimo (@Rainmaker1973) August 20, 2023
Depuis une importante sécheresse qui a frappé la région en 2019 et 2020, les autorités gérant le canal de Panama ont mis en place des procédures pour limiter les risques de traversée des navires, alors que la quantité d'eau présente dans la voie d'eau se fait au fil des ans de plus en plus critique. Au printemps dernier, elles avaient déjà mis en place des restrictions de navigation pour les plus gros bateaux, à cause de la pénurie d'eau dans le canal.
La saison des pluies, qui s'étend de mai à décembre au Panama, se fait cette année attendre dans le pays. Le très faible niveau de précipitations des derniers mois fait déjà de 2023 une des périodes les plus sèches qu'ait connues le Panama. Conséquence : le canal a dû affermir à plusieurs reprises ses conditions d'accès. Fin juin, de nouvelles règles ont ainsi été mises en place pour réduire la profondeur autorisée de navigation pour certains navires lorsqu'ils traversent le canal. Le 10 août, les autorités du canal ont annoncé un nouveau tour de vis à cause de la pénurie d'eau, conduisant donc à cet embouteillage.
Les armateurs doivent alors s'adapter, mais leurs solutions sont réduites. Si le bateau n'est pas encore parti de son port de départ, ils peuvent prévoir de diminuer la quantité de marchandises transportée ou opter pour des navires plus légers qu'à l'accoutumée. Autre possibilité, qui s'est donc concrétisée ces derniers jours pour les bateaux déjà parvenus à l'entrée du canal : patienter de pouvoir passer le temps que les conditions maritimes pour traverser s'améliorent.
Le canal est habitué à d'importants embouteillages, mais rarement de cette ampleur. "Nous avons déjà connu par le passé de longues files d'attente de navires. Des événements tels que l'incertitude climatique cette année, les pannes de maintenance ou l'affluence du canal en haute saison sont les causes habituelles de l'allongement des temps d'attente", précise ainsi le gestionnaire du canal sur son site officiel.
Mais la demande particulièrement "élevée" des transporteurs maritimes ces dernières semaines, explique, selon cette même source, pourquoi les mesures prises ne suffisent pas à limiter "l'augmentation des temps d'attente" à l'entrée du canal. Selon le Wall Street Journal, la compagnie gérant le site avait pourtant prévenu les armateurs au début du mois d'août qu'elle réduirait à 32 traversées maximum par jour le nombre de passages possibles dans le canal de Panama, contre une moyenne de 36 en temps normal.
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