Un peu plus de cinquante ans après le premier pas de Neil Armstrong, notre satellite fait de nouveau rêver les agences spatiales. En témoigne la multiplication des missions depuis quelque temps. La semaine prochaine, deux tentatives d’alunissage sont prévues en un peu plus de quarante-huit heures, du jamais vu dans l’histoire de la conquête spatiale. La sonde Luna-25 de la Russie a quitté la Terre bien après le vaisseau indien Chandrayaan-3. Mais vu que celle-ci a emprunté une route plus directe, c'est le vaisseau battant pavillon russe qui effectuera en premier sa tentative d'alunissage.
L'engin, d'un poids de 800 kilos, a quitté la Terre à bord d'une fusée Soyouz dans la nuit du 10 au 11 août, depuis le cosmodrome de Vostotchny en Extrême-Orient. Depuis son entrée en orbite lunaire, mercredi 16 août, le vaisseau russe survole l’astre à environ 100 kilomètres d’altitude. Selon le programme de la nouvelle mission russe, Luna-25 doit normalement alunir lundi 21 août, au nord du cratère de Bogouslavski, sur le pôle Sud, encore peu exploré. L'atterrisseur, qui devra rester sur le sol lunaire pendant un an, aura pour mission de prélever des échantillons et d'analyser la zone.
Cette tentative d'alunissage intervient 47 ans après Luna-24, la dernière mission lunaire soviétique. Elle est destinée à donner un nouvel élan au secteur spatial russe, en difficulté depuis des années en raison de problèmes de financement et de scandales de corruption, et désormais isolé du fait du conflit en Ukraine. "Pour la première fois dans l'Histoire, l'alunissage sera effectué sur le pôle sud lunaire. Jusqu'ici, tout le monde alunissait dans la zone équatoriale", s'était félicité un haut responsable de Roscosmos, Alexandre Blokhine, dans un récent entretien au journal officiel Rossiïskaïa Gazeta.
Dans la foulée, deux ou trois jours plus tard, l’Inde tentera à nouveau de poser, pour la première fois, une sonde sur la surface lunaire, quatre ans après avoir essuyé un échec cuisant. Cette nouvelle mission, entamée le 14 juillet dernier, a franchi ce jeudi une étape décisive avec la séparation du module lunaire de son lanceur, six jours avant l'alunissage prévu pour le 23 ou le 24 août au plus tard. Mis au point par l'agence spatiale indienne (Isro), le vaisseau Chandrayaan-3 comprend un module d'alunissage nommé "Vikram" ainsi qu'un robot mobile. Surnommé "Pragyan", il explorera la surface lunaire pendant 14 jours.
Depuis la mise en orbite d'une sonde autour de la Lune en 2008, le programme spatial indien s'est considérablement développé. En 2014, l'Inde est devenue le premier pays asiatique à mettre un satellite en orbite autour de Mars et, trois ans plus tard, elle a lancé 104 satellites en une seule mission. D'ici l'an prochain, elle devrait envoyer une mission habitée de trois jours en orbite autour de la Terre. Jusqu'à présent, seuls trois pays sont parvenus à faire se poser des engins sur la surface de la Lune, la Russie, les États-Unis et la Chine. Peut-être plus longtemps...
Sur lemême thème