Avec des ressources qui se raréfient et des températures qui montent, l'accès à l'eau potable est un enjeu mondial. Face à la surconsommation d'eau, les pénuries se multiplient, et se transforment en crises. Si bien qu'elles affectent déjà près d'un quart du globe, selon un nouveau rapport du World Resources Institute publié ce mercredi 16 juillet.
Dans cette publication, le World Resources Institute (WRI) analyse les nouvelles données de son "Atlas des risques liés à l'eau", l'Aqueduc. Or, d'après ce think tank spécialisé dans les questions environnementales, la demande en eau ne cesse d'augmenter dans le monde entier. La consommation a plus que doublé depuis 1960.
Si bien qu'au total, 25 pays abritant un quart de la population sont confrontés à un stress hydrique "extrêmement élevé ", note cette étude. Ce qui signifie que ces pays consomment régulièrement la quasi-totalité de leurs réserves d'eau disponibles (plus de 80%). Le Bahreïn, Chypre, le Koweït, le Liban et Oman arrivent en tête de cette liste des pays où la crise de l'eau a déjà commencé. Mais on y relève aussi la présence de pays voisins de la France, comme la Belgique, la Grèce et la Tunisie. Toujours selon le rapport, qui s'appuie sur une analyse des séries de données de 1979 à 2019, un milliard de personnes supplémentaires devraient vivre dans ces conditions critiques avant 2050, même selon le scénario le plus optimiste de limitation de la température moyenne.
La moitié de la population affronte quant à elle déjà un stress hydrique "élevé" au moins une fois par an, pendant un mois. Ce qui signifie que la population consomme plus de 60% de ses ressources en eau. C'est par exemple le cas pour l'Espagne, l'Italie, le Maroc ou la Turquie.
De la moitié, cette proportion pourrait encore augmenter dans les prochaines années pour atteindre près de 60% d'ici au milieu de ce siècle.
"Vivre avec un tel niveau de stress hydrique met en péril la vie, l'emploi, la sécurité alimentaire et énergétique des populations", note le rapport, citant également des "pics" qui peuvent susciter "des situations de crise localement".
New data from @WRIAqueduct 's Water Risk Atlas finds that 25 countries — home to a quarter of the world’s population — are currently exposed to extremely high #WaterStress annually▶️ https://t.co/aCfF0OjS1Z pic.twitter.com/xeZ05GgDlA — World Resources Inst (@WorldResources) August 16, 2023
Face à ce constat alarmant, les auteurs du rapport rappellent qu'il existe des solutions pour limiter les effets de la crise de l'eau. Citant plusieurs exemples de mesures, comme une meilleure gouvernance de ce secteur par les États et des investissements massifs des entreprises, le WRI assure par ailleurs que le coût du changement est à portée de main. Il évalue que 1% du PIB global permettrait de miser sur les bonnes solutions pour protéger les zones humides tout en réduisant les pertes liées à des infrastructures vieillissantes.
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