Donald Trump risque gros. L'ancien président américain a été inculpé - pour la quatrième fin en moins de six mois - pour avoir tenté d'influencer en sa faveur les résultats de l'élection présidentielle de 2020, dans l'État stratégique de la Géorgie. À l'origine de cette inculpation : Fani Willis, fraîchement élue procureure.
Décrite comme stricte et ambitieuse, un bourreau de travail qui "refuse l'échec", Fani Willis est la première femme à occuper ce poste dans le comté de Fulton. Dès 2021, elle décide d'enquêter sur les tentatives de manipulation de la présidentielle de 2020. C'est un coup de fil de Donald Trump, dans lequel il fait pression sur un responsable local pour "trouver" des votes en sa faveur, qui déclenche la périlleuse investigation.
Vous devrez rendre des comptes si vous commettez un crime
Fani Willis
"Ma carrière m'a appris que, peu importe la pression politique, il faut faire ce qui est juste", avait-elle lancé après son élection. "Et peu importe que vous soyez au Capitole de l'État ou dans les bidonvilles. Vous devrez rendre des comptes si vous commettez un crime."
Cette magistrate pugnace a baigné dès l'enfance dans le monde du droit. Née en Californie, elle grandit à Washington, où son père - un avocat qui fut membre des Black Panthers - l'emmenait souvent au tribunal. Elle a raconté qu'à l'âge de huit ans, elle mettait en ordre ses dossiers, des affaires de meurtre et de drogue. Après avoir étudié à la Howard University à Washington, elle intègre la faculté de droit d'Emory, en Géorgie. Elle devient avocate, ouvre son propre cabinet puis rejoint le parquet du comté de Fulton.
Fani Willis ne choisit pas la facilité, elle s'attaque à des dossiers souvent complexes, dont un scandale de triche dans des écoles publiques d'Atlanta, des homicides et des affaires impliquant des membres de gangs. Elle poursuit notamment le rappeur d'Atlanta Young Thug en vertu de la loi dite "Rico", un texte généralement utilisé contre la mafia et les gangs. C'est sur cette législation visant la délinquance en bande organisée que s'est appuyée Fani Willis pour inculper Donald Trump et ses 18 co-accusés.
Donald Trump, lui, a fait une cible de choix de "Fani-La-Fausse", le sobriquet qu'il lui a attribué. "Enragée", partisane, "hors de contrôle", "très corrompue" et même "raciste"... L'ex-président et son équipe de campagne ont multiplié les attaques contre la procureure. Elle "a fait campagne et levé des fonds sur 'Je vais me faire Trump'", a grincé le milliardaire républicain sur sa plateforme, Truth Social. Donald Trump est allé jusqu'à laisser entendre pendant un meeting de campagne qu'elle avait eu une liaison avec un membre de gang.
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