Une chance sur deux. Il existe environ 50% de probabilités que 2023 soit l'année la plus chaude jamais enregistrée, et 2024 devrait être encore pire, ont prédit lundi 14 août des scientifiques gouvernementaux américains. Pour le moment, 2023 est la troisième année la plus chaude jamais observée, a déclaré Sarah Kapnick, scientifique en cheffe à l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA). Et la probabilité qu'elle devienne la plus chaude s'élève à "près de 50%", a-t-elle ajouté.
Les chercheurs se sont exprimés durant une conférence de presse dédiée à l'analyse des températures mondiales enregistrées le mois dernier, dont NOAA a confirmé qu'il a constitué un mois record. "La Terre vient de rôtir lors de son mois de juillet le plus chaud jamais enregistré", puisque la température à la surface de la planète s'est élevée à 1,12 degré Celsius au-dessus des normales, "ce qui en fait le mois de juillet le plus chaud des 174 années de mesures de la NOAA", a noté l'agence américaine dans un communiqué.
(2 of 5) The global surface temp for #July was 2.02°F (1.12°C) above avg., making it the warmest July in NOAA’s 174-year global #climate record. This was the first time a July temp exceeded 1.8°F (1.0°C) above the long-term avg. https://t.co/lRgypbiSed @NOAANCEI … pic.twitter.com/UrZgeWxxWM — NOAA (@NOAA) August 14, 2023
Une des cartes partagées sur Twitter montre l'ampleur de ces écarts de températures par rapport aux normales, particulièrement marqués en Amérique du Sud, à l'ouest des États-Unis, à l'est et au nord du Canada, mais aussi au niveau du bassin méditerranéen et au nord de l'Afrique, tout comme en Asie centrale et au niveau du Japon. La semaine dernière, le service européen Copernicus avait, lui aussi, déjà affirmé que juillet 2023 a été le mois le plus chaud jamais enregistré sur Terre. Par ailleurs, "il est pratiquement certain (> 99,0 %) que 2023 se classera parmi les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées", a relevé la NOAA.
En cause, l'ampleur du changement climatique actuel dû aux activités humaines, mais aussi le phénomène cyclique El Niño, qui contribue à cette tendance en réchauffant la surface des océans et qui devrait perdurer au-delà de l'hiver prochain, selon les prévisions des experts. Cette température affole en particulier les scientifiques, puisque pour le quatrième mois consécutif, celle-ci a atteint un record, selon NOAA. "Plus de 40% des océans subit actuellement une vague de chaleur marine", a alerté Sarah Kapnick, des écarts de température modélisés sur la carte partagée par l'agence. Or, celles-ci ont des conséquences potentiellement désastreuses sur les espèces qui y vivent, notamment les coraux.
"L'impact le plus fort d'El Niño se produira en 2024", a déclaré Gavin Schmidt, climatologue à la Nasa. "Donc nous nous attendons à ce que non seulement 2023 soit excessivement chaude, et peut-être une année record, mais aussi à ce que 2024 soit encore plus chaude."
Mère nature nous envoie un message, et ce message est : nous ferions mieux d'agir maintenant, avant qu'il soit trop tard
Bill Nelson, patron de la Nasa
"Il est important de se rappeler que ces années vont être fraîches en comparaison du milieu du siècle, si nous continuons à réchauffer notre planète en émettant des gaz à effet de serre", a souligné de son côté Sarah Kapnick. "Mère nature nous envoie un message, et ce message est : nous ferions mieux d'agir maintenant, avant qu'il soit trop tard pour sauver notre climat, et en d'autres mots, sauver notre planète", a insisté quant à lui le chef de la Nasa, Bill Nelson, rappelant que "nous sommes tous dans le même bateau".
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