Lois antiterroristes du Sénégal : le choc des arguments

Clémence Cluzel - LePoint - 27/06
VERBATIM. Des partisans et adversaires de la nouvelle mouture des lois antiterroristes se sont confiés au Point Afrique. Voici leurs propos.

Dr Cheikh Tidiane Dièye : « C'est une loi orientée pour intimider l'opposition »

Coordonnateur du M2D (Mouvement pour la défense de la démocratie) né du regroupement d'organisations de la société civile et de partis politiques en marge des manifestations de mars 2021, le Dr Dièye explique :

« Une question aussi importante aurait dû faire l'objet d'une discussion importante avec les instances habilitées car il s'agit d'une question qui touche le politique, l'économique, le religieux et la société. Le second regret concerne l'Assemblée Nationale qui confirme encore une fois qu'elle a perdu son sens et ne représente plus ce que le peuple attend. Imaginez-vous qu'il avait moins de 80 députés présents dans l'hémicycle pour voter cette loi (sur les 165 de l'Assemblée), contrairement à la forte présence quand il s'est agi de voter la levée de l'immunité parlementaire du député Ousmane Sonko (poursuivi pour viol, c'est cette affaire qui a été à l'origine des émeutes de mars 2021 dans le pays). Cette désinvolture est grave ». 

Et d'ajouter : « Il y a un double message : celui envoyé à la communauté internationale pour donner l'impression de lutter contre le terrorisme, et celui envoyé à l'opposition pour lui montrer qu'on cherche à la détruire. Avec cette loi, Macky Sall lui-même aurait été considéré comme un terroriste en 2011 pour s'être opposé...
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