Après le choc de l'incendie qui a fait onze morts à Wintzenheim, dans le Haut-Rhin, mercredi 9 août, le recueillement est de mise en Alsace. Les onze victimes de la catastrophe étaient venues passer quelques jours dans la région pour des vacances. Plusieurs groupes étaient présents au sein de ce gîte, qui accueillait au moment de l'incendie des associations prenant en charge des personnes handicapées, souffrant d'une légère déficience mentale. C'est une agence de voyage spécialisée à Nancy (Meurthe-et-Moselle), Oxygène, qui a organisé le voyage dans le Haut-Rhin. L'ensemble des disparus dans le sinistre dont l'identité a été communiqué étaient tous originaires de Lorraine.
Quatre disparus dans l'incendie étaient originaires de la région d'Amnéville (Moselle). Ils étaient âgés de 40 à "une cinquantaine d'années" et se prénommaient Fatima, Jérôme, Laure et Marcelle. Les trois premiers vivaient dans le même établissement dans la ville. Après l'accident, des bouquets ont été déposés à l'entrée de leur foyer pour leur rendre hommage. Marcelle, elle, était logée dans une commune proche, à Pierrevillers. "Elle était attachante et avait un caractère bien affirmé (...) Elle me (nous) manque déjà", a témoigné sur Facebook son neveu Julien.
Jean-Claude Jacoby, le président de l'association qui prenait en charge toute l'année ces quatre victimes, a indiqué que les deux autres personnes de sa structure présentes lors de ce séjour, Sébastien et Joris, avaient en revanche survécu. Mais ils ont vu brûler devant leurs yeux l'étage où leurs amis se trouvaient. "Quand ils ont vu que leurs camarades n'étaient pas sortis de l'étage en feu, ils ont compris...", a témoigné, éploré, le dirigeant dans L'Est Républicain.
Au total, 17 personnes ont été évacuées à temps par les autorités. Une jeune femme d'une vingtaine d'années a notamment eu le réflexe de sauter par la fenêtre du premier étage, avant d'être réceptionnée à terre par l'un de ses camarades. Son attitude l'a sauvée du désastre. "Excessivement choquée" et "en pleurs pendant une partie de la journée", la jeune femme a ensuite "fait preuve d'énormément de résilience", selon Pierre Renaud, le directeur de l'AIEM54, l'association à laquelle elle était rattachée.
Le responsable décrit d'ailleurs l'émotion qui domine chez tous les encadrants de la structure, comme celle "d'une famille endeuillée". Son association a pour sa part perdu Jennyfer, 26 ans, Claude, 49 ans, Jimmy, 33 ans et Jérôme, âgé d'"une trentaine d'années". Ils séjournaient à l'étage du gîte alsacien qui s'est embrasé mercredi au petit matin.
Ces personnes étaient "en autonomie relative", a expliqué Pierre Renaud. Elles "étaient capables de travailler en Esat", des centres professionnels où les travaux changent régulièrement.
Eric Pensalfini, le maire de Saint-Max, se rappelle de Jennyfer, Jimmy et Jérôme, qui vivaient dans la commune de Meurthe-et-Moselle. "Ils étaient tellement heureux de partir en vacances. Comme tous salariés, ils aspiraient à leurs vacances", a-t-il confié au micro du 20H de TF1, dans le reportage visible en tête de cet article.
De son côté, le club de boxe de Joeuf (Meurthe-et-Moselle), a partagé sur les réseaux sociaux son "immense tristesse" après avoir appris le décès de Claude, qui résidait au foyer Jean Collon de Val-de-Briey et était membre de son équipe de boxe adaptée. "Tu vas nous manquer", a glissé l'association dans son hommage.
Deux autres adultes décédés étaient eux aussi pris en charge en Moselle, sans que leur identité ait été communiquée à ce stade. Parmi les victimes figure également un accompagnant, dont l'identité, le sexe, l'âge ou la structure de rattachement sont pour l'heure inconnus.
Une cellule psychologique est mise en place en Meurthe-et-Moselle pour soutenir les proches des victimes de l'incendie. Un dispositif similaire devrait également être construit dans le département voisin de la Moselle. Même si l'enquête ne vient que de commencer, un "feu couvant" est ...
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