Prouesse de la nature, la main est un formidable outil qui nous accompagne au quotidien pour saisir, toucher, ressentir, manipuler… Exploration de l'anatomie de la main avec le Professeur Bertrand Coulet, Chef de Service de Chirurgie de la Main et du Membre Supérieur Chirurgie des Paralysies au CHU Lapeyronie à Montpellier.
La main, par sa constitution, sa capacité de mouvement, sa mobilité, est exposée aux dangers de la vie quotidienne. Comment explorer son anatomie ? Quelles sont les pathologies qui peuvent entraver le fonctionnement de la main et comment les traiter ?
La main se compose de deux parties : la main fine constituée du pouce et de l’index pour les prises fines. Et la main pour les prises de force, c’est-à-dire les doigts longs qui permettent d’avoir de la poigne. Ces deux secteurs ont une innervation différente. Le nerf médian va innerver la main fine, la motricité des muscles intrinsèques et extrinsèques du pouce mais aussi de l’index ainsi que leur sensibilité. Le nerf ulnaire innerve les muscles puissants des fléchisseurs des 3e, 4e et 5e doigts qui ont une contraction globale pour les prises entre les doigts et la paume (poigne). La main dominante, celle qui a le plus de force, correspond à la main que l’on sollicite le plus.
Sur le plan anatomique, la main est composée d’os (carpiens, métacarpiens), de phalanges (14 phalanges avec trois phalanges par doigt sauf pour le pouce qui n’en a que deux), de ligaments, de muscles (éminence thénar, éminence hypothénar), de tendons (tendons qui circulent dans la mains sont la terminaison de muscles extrinsèques qui sont situés dans l’avant bras, et de muscles intrinsèques situés dans la main elle même/tendons fléchisseurs des doigts et du poignet sur la face antérieure du poignet, tendons extenseurs des doigts et du poignet en dorsal), d’artères (artère radiale en externe et artère cubitale en interne), de veines et de nerfs (médian, radial, cubital). Tous ces éléments reliés les uns aux autres dotent la main d’une extraordinaire mobilité.
La main est rattachée au bras par l’intermédiaire du poignet. Elle est capable d'effectuer trois grands axes de mouvements : la flexion-extension du poignet, l’inclinaison latérale et la rotation.
La main permet la préhension mais aussi l’exploration, ce qui l’expose par la même occasion aux traumatismes, aux agents vulnérants, aux toxiques. "C’est probablement le segment de l’appareil locomoteur ayant la plus grande concentration de structures nobles", précise le Professeur Bertrand Coulet, Chef de Service de Chirurgie de la Main et du Membre Supérieur Chirurgie des Paralysies au CHU Lapeyronie à Montpellier. "La moindre plaie, le moindre traumatisme va alors être à l’origine de lésions majeures. Autant une plaie de 5 cm sur la cuisse n’a pas d’énormes conséquences, autant une pointe de couteau enfoncée dans la main d’à peine un centimètre de profondeur peut engendrer de gros dégâts".
La main comme toutes l'anatomie du corps va subir les signes du vieillissement. Elle est le lieu de pathologies liées à la dégénérescence cellulaire. On trouve :
En plus du vieillissement (favorisant un épaississement des tissus et notamment de ceux des tendons traversant le canal carpien), de très nombreuses pathologies génèrent des troubles du canal carpien. C’est le cas du diabète, de l’hypothyroïdie, des troubles endocriniens... "On observe dans la main une compression du nerf médian qui provoque des troubles sensitifs (paresthésie) au niveau des trois premiers doigts de la main", indique le Professeur. "Au début le trouble est intermittent et puis, si on ne fait rien, si on laisse le nerf être étranglé jour après jour, la perte de sensibilité va s’installer".
Une chirurgie de la main peut remédier à cette sensibilité mais elle n’est pas anodine. "C’est une chirurgie qui peut être source de complications", met en garde le médecin. "Environ 10 à 15 % des patients opérés ne retrouvent pas instantanément leur sensibilité". Avant de proposer l’opération, il est suggéré au patient des infiltrations. "Une infiltration permet parfois à une femme de passer la période péri-ménopausique et de ne plus être gênée par la suite", rassure le médecin.