Le premier vol habité du Starliner de Boeing subira un nouveau retard en raison de problèmes partiellement résolus avec les suspentes des parachutes et le ruban adhésif, nécessitant des tests supplémentaires. Il a été remis à mars 2024. Ce report suscite des doutes quant à la réalisation des six missions à destination de la Station spatiale internationale prévues pour la Nasa par Boeing. Pendant ce temps, SpaceX continue d'enregistrer des succès, ayant déjà accompli six missions pour la Nasa et obtenu huit nouvelles missions, portant le total à 14 d'ici 2030.

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    Ceux qui anticipaient le décollage du Starliner de Boeing cet automneautomne, voire d'ici la fin de l'année, devront à nouveau faire preuve de patience, tout comme nous. Lors d'une conférence de presse tenue le 7 août, les responsables de Boeing et de la Nasa ont annoncé des avancées dans la résolutionrésolution des problèmes mentionnés précédemment (voir notre article ci-dessous), mais l'équipe du projet a besoin de temps supplémentaire. Il faudra encore plusieurs mois avant de pouvoir déclarer que le véhicule spatial est prêt pour le vol.

    Des difficultés persistantes

    Les ingénieurs de la capsule sont toujours confrontés aux défis les « liaisons souples » des suspentes reliant les trois parachutesparachutes principaux à la capsule qui se sont révélés moins résistants que prévu, empêchant ainsi l'ensemble du système de parachute d'atteindre le niveau de sécurité requis pour les vols avec équipage. Des solutions ont néanmoins été trouvées et un test de chute libre est prévu pour la fin du mois de novembre. En ce qui concerne le ruban adhésif inflammable utilisé pour protéger et attacher entre eux les câbles électriques logés à l'intérieur de la capsule, les ingénieurs et les techniciens ont réussi à retirer environ 85 % du ruban défectueux dans la partie supérieure du véhicule spatial. Cependant, le retrait du ruban adhésif dans la partie inférieure s'avère difficile ou pourrait causer des dommages s'il était retiré. Boeing a mis au point des barrières de protection et des revêtements, ou a enveloppé le ruban avec un ruban adhésif conforme, pour réduire le risque d'inflammabilité.

    En termes concrets, Boeing se voit contraint de reporter le premier vol commercial avec équipage au plus tôt à mars 2024. Pour être précis, il ne s'agit pas d'une date de lancement, mais d'une date à laquelle le Starliner devrait être prêt pour un lancement. Il est important de noter que le trafic à destination de la Station spatiale est plutôt dense. Entre les vols habités, les missions de ravitaillement et les vols touristiques, les possibilités d'amarrage, et donc les créneaux de lancement, sont limités, ce qui rend difficile de fixer une date de lancement pour un véhicule en développement depuis 2014.

    Boeing aura-t-il le temps de réaliser ses six missions pour la Nasa ?

    Avec ces reports qui s'accumulent, Boeing pourrait tout simplement se retrouver à court de temps pour honorer son contrat avec la NasaNasa ! Ce contrat prévoit six vols habitésvols habités aller-retour vers la Station spatiale, à un rythme d'un vol par an. Cependant, il ne faut pas être un génie en mathématiques pour comprendre que les six vols du Starliner seront difficiles à insérer entre la désorbitation prévue de la Station spatiale internationale en janvier 2031 et la mise en service du Starliner qui pourrait intervenir vers la fin 2024, voire le début de l'année 2025.

    Il est intéressant de noter que tandis que Boeing s'interroge s'il aura le temps de réaliser les six missions commandées par la Nasa, en échange d'un chèque de 4,6 milliards d'euros, SpaceXSpaceX accumule les succès. Après déjà six missions pour la Nasa à son actif (la sixième est en cours), et une septième en préparation, SpaceX a prolongé son contrat de lancement avec la Nasa en obtenant huit nouvelles missions. Cela porteporte à 14 le nombre de vols que le Crew Dragon effectuera pour le compte de la Nasa d'ici 2030.

    Encore un report de Starliner ! Boeing est-il encore capable de construire des véhicules spatiaux ?

    Article de Remy Decourt publié le 08/06/2023

    Boeing sait-il encore construire des véhicules spatiaux ? Cette question peut paraître provocante mais, à la lecture des faits qui sont reprochés aux équipes de Boeing, on peut légitiment se la poser. En attendant, le premier vol habité du Starliner n'est pas envisagé avant cet automne.

    C'est une annonce stupéfiante ! La Nasa et Boeing ont annoncé un nouveau report du Starliner. En cause, de nouveaux problèmes techniques. Cette fois-ci, ils concernent le système des parachutes et l'utilisation de rubans adhésifs inflammables pour protéger et attacher entre eux les câbles électriques logés à l'intérieur de la capsule.

    Mark Nappi, vice-président de Boeing et directeur du programme du Starliner, a beau jeu de préciser que la «  sécurité est toujours [la] priorité absolue », mais cette histoire de ruban adhésif inflammable est tout simplement incroyable ! Dans l'industrie spatiale, qui répond à des normes très strictes, l'idée d'utiliser du matériel inflammable est totalement inimaginable ; et de surcroît, entourant des câbles électriques, lesquels sont inaccessibles aux astronautes à bord de la capsule.

    Concernant le système des parachutes, on peut s'étonner que, depuis l'échec partiel du premier vol de décembre 2019, ce système ne soit toujours pas certifié. Lors d'une dernière revue, les équipes de Boeing et de la Nasa ont remarqué que les « liaisons souples » des suspentes reliant les trois parachutes principaux à la capsule n'étaient pas aussi robustes que prévu. En effet, dans un souci de marge de sécurité, Boeing et la Nasa ont souhaité que ces liaisons en tissu (8 sur chaque parachute principal pour un total de 24), soient certifiées avec un facteur de sécurité de deux. Cela signifie qu'elles doivent être capables de supporter deux fois les charges prévues qu'elles pourraient rencontrer lors d'une mission normale.

    Bien que cela n'ait pas posé de problème lors des deux vols d'essais inhabités du Starliner, en 2019 et 2022, ces liaisons souples pourraient se rompre si ...
    [Courte citation de 8% de l'article original]