Coup d'État au Niger : pourquoi les États-Unis s'en mêlent-ils ?

LCI - 08/08
[VIDÉO] - Une émissaire américaine a eu des discussions lundi 7 août avec les militaires auteurs du coup d'État au Niger. Dans quel but les États-Unis entrent-ils dans la crise née du putsch du 26 juillet ?

Une émissaire américaine a eu des discussions lundi 7 août avec les militaires auteurs du coup d'État au Niger.
Dans quel but les États-Unis entrent-ils dans la crise née du putsch du 26 juillet ?

Près de deux semaines après le coup d'État au Niger, les États-Unis entrent en jeu. Depuis le 26 juillet, le président du Niger Mohamed Bazoum est retenu dans sa résidence, tandis que les putschistes ont pris le pouvoir. Malgré l'ultimatum posé par la Cédéao, qui menace d'une intervention militaire pour rétablir "l'ordre constitutionnel", la situation est figée. Lundi 7 août, les États-Unis ont tenté une avancée. Une haute responsable de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, a rencontré à Niamey les auteurs du coup d'État. Les discussions, qualifiées de "difficiles", n'ont pas permis de trouver une solution négociée.

La tentative des États-Unis de mener une solution diplomatique n'est pas une surprise. "Les Américains ont un certain nombre d'intérêts au Niger", note sur LCI Niagalé Bagayoko, chercheuse en relations internationales (voir vidéo en tête de cet article). "Ils y ont une base de drones située dans le centre du pays, dans la région d'Agadez, et qui joue un rôle important pour leur commandement, l'Africom, focalisé sur la sécurité du continent africain."

"Des relations privilégiées avec le président Bazoum"

Difficile, dès lors, d'imaginer les Américains laisser leurs intérêts entre les mains des militaires auteurs du coup d'État. "Par ailleurs, les États-Unis entretenaient des relations privilégiées avec le président Bazoum, mais également avec l'établissement militaire", poursuit Niagalé Bagayoko.

Le général Moussa Salaou Barmou, nommé chef d'état-major de l'armée par les putschistes, "était précédemment chef des forces spéciales et a beaucoup travaillé avec les forces spéciales américaines situées sur le territoire du Niger", indique encore la chercheuse. La diplomate américaine a d'ailleurs précisé lundi que le général Barmou était bien au fait de la coopération existant entre le Niger et les États-Unis, en raison de son engagement passé dans les forces spéciales.

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Autre raison de cette tentative américaine : "les États-Unis veulent empêcher la junte de trop se rapprocher des juntes burkinabés et maliennes", mais aussi "de la société Wagner", et donc de la Russie, précise-t-elle. Toutefois, les Américains ont reçu une fin de non-recevoir de la part des putschistes. "Lundi, il y avait espoir de voir la voie diplomatique aboutir à un traitement négocié de la situation. Aujourd'hui, la voie de la diplomatie paraît plus compromise", reconnaît Niagalé Bagayoko.

I.N

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