Pourquoi une guerrière britannique a-t-elle été enterrée il y a 2000 ans avec un miroir ?

Sara de Lacerda - Sciences Et Avenir - 08/08
L'énigme de la sépulture de Bryher, dans les îles Scilly (Royaume-Uni), est résolue. La protéomique a révélé qu'il s'agissait d'une femme, une guerrière jouant sans doute un rôle stratégique important.

Comme Sciences et Avenir le relatait il y a peu à propos de la "Dame d’ivoire" de la péninsule ibérique, la protéomique (la recherche ciblée de protéines) est un nouvel outil dont l’archéologie est en train de s’emparer pour résoudre des cas jusqu’alors insolubles, par exemple lorsque les restes sont trop détériorés pour déterminer le sexe d’un individu. Comme l’annonce une équipe d'archéologues et de biologistes britanniques et américains dans le Journal of Archæological Science : Reports, l’organisme Historic England, qui gère les monuments historiques publics du Royaume-Uni, a lui aussi entrepris de recourir à cette méthode pour faire la lumière sur l’une des sépultures les plus énigmatiques de l’âge du fer britannique.

Découverte en 1999 sur l’île de Bryher, dans l’archipel des Scilly, au large de la côte de Cornouailles, elle n’a cessé d’intriguer les chercheurs, incapables de déterminer si le trousseau funéraire était celui d’un homme ou d’une femme, puisqu’il contenait, en plus d’artefacts supposément masculins (des armes), un objet qui accompagne le plus souvent les femmes dans l’au-delà : un miroir. L’énigme est à présent résolue grâce à une protéine, l’amélogénine, dans l’émail dentaire préservé. Ce résultat implique la réinterprétation du mobilier, obligeant les chercheurs à s’interroger sur la symbolique des objets funérair...
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