Le 11 mai 2011, un séisme de magnitude 9, l'un des plus forts jamais enregistrés sur la planète, frappait le Japon. Moins d'une heure après, un puissant tsunami déferlait sur les côtes nippones. Les systèmes de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi étaient touchés, et les cœurs de trois des six réacteurs étaient entrés en fusion. Dans la soirée, les 20 kilomètres environnants étaient évacués d'urgence, et plus de 160.000 personnes étaient déplacées.
Le lendemain, le bâtiment du réacteur numéro 1 de la centrale était touché par une explosion d'hydrogène. Malgré les tentatives de refroidissement à l'eau de mer, deux autres explosions toucheront les réacteurs 3 et 4 dans les jours suivants.
12 ans après, le Japon s'apprête à déverser plus d'un million de tonnes d'eau contaminées dans l'océan, un projet controversé. TFiInfo fait le point sur ce qu'il faut savoir de cette opération.
Plus de dix ans après la catastrophe, les travaux de décontamination et de démantèlement de la centrale de Fukushima devraient toutefois encore durer plusieurs décennies. L'un des points critiques est justement la gestion de plus d'un million de tonnes d'eaux usées contaminées. Le site de la centrale de Fukushima Daiichi produit 100.000 litres de cette eau contaminée en moyenne par jour : il s'agit d'une combinaison de nappes souterraines, d'eau de pluie et de l'eau utilisée pour refroidir les réacteurs endommagés.
Cette eau a été traitée mais le tritium, un radionucléide qui n'est dangereux pour l'homme qu'à très hautes doses concentrées, n'a pas pu être éliminé.
Au total, plus de 1,32 million de tonnes de ces eaux sont actuellement entreposées dans des citernes sur le site de la centrale. Mais les capacités de stockage sur place sont désormais pleines à 96%. C'est pourquoi l'opérateur de la centrale, Tepco (Tokyo Electric Power Company), veut démarrer l'évacuation en mer dès que possible.
Cette évacuation serait imminente, comme l'ont rapporté des médias japonais ce lundi 7 août. Citant des sources gouvernementales, le rejet des eaux usées se ferait d'ici à la fin du mois d'août, avant le début de la saison de la pêche.
L'opération est d'ampleur : Tepco est en train d'installer danvatage de systèmes de filtration au bord de l'océan ainsi qu'un conduit sous-marin d'un kilomètre de long, afin d'éviter que les eaux tritiées ne reviennent sur la côte. "Nous ne prévoyons pas de rejeter l'eau d'un seul coup, ce sera 500 tonnes par jour maximum", a assuré en février dernier à l'AFP Kenichi Takahara, un responsable de Tepco.
L'opérateur va veiller à plafonner la radioactivité du tritium rejeté en mer à 22.000 milliards de becquerels par an, la règle au Japon pour le rejet d'eau tritiée par les centrales nucléaires du pays avant la catastrophe de Fukushima. Au total, le processus "va prendre 30 à 40 ans, le temps nécessaire pour démanteler la centrale", selon Kenichi Takahara.
Tepco déclare avoir utilisé plusieurs systèmes de filtration pour éliminer la plupart des 62 éléments radioactifs contenus dans ces eaux. Mais le tritium n'a donc pas pu être retiré avec les technologies existantes. D'après les experts, le tritium est seulement dangereux pour la santé humaine à hautes doses, or, Tepco prévoit de diluer ces eaux contaminées pour réduire leur niveau de radioactivité à moins de 1500 becquerels par litre (Bq/L), soit bien en deçà des normes nationales de 60.000 Bq/L pour cette catégorie.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui supervise le projet, a estimé qu'il respectait les normes internationales et qu'il ne causerait pas de dommages sur l'environnement.
Le projet du rejet dans l'océan des eaux contaminées de Fukushima est controversé. Il inquiète en premier lieu les pêcheurs de la ville, qui craignent que cela fasse de nouveau une très mauvaise publicité pour leurs prises, alors qu'ils ont déjà peiné à rétablir la confiance des consommateurs dans leurs produits ces dernières années.
Pour tenter de rassurer les pêcheurs et la population locale, Tepco s'efforce de prouver que le rejet de l'eau tritiée sera sans cons...
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