VIDÉO - Arrêts maladie dans la police : "Je suis arrivée au bout de cette violence qu'on accumule"

LCI - 07/08
[VIDÉO] - Laure Garcia fait partie des policiers en arrêt maladie après le placement en détention provisoire d'un des leurs dans l'affaire Hedi. Cette vague d'arrêts maladie est, selon la policière, le résultat d'un métier de plus en plus difficile. Le 20H de TF1 a recueilli son témoignage.

Laure Garcia fait partie des policiers en arrêt maladie après le placement en détention provisoire d'un des leurs dans l'affaire Hedi.
Cette vague d'arrêts maladie est, selon la policière, le résultat d'un métier de plus en plus difficile.
Le 20H de TF1 a recueilli son témoignage.

Elle est en arrêt maladie depuis deux semaines. Laure Garcia fait partie des policiers qui ont cessé leur activité après le placement en détention provisoire d'un de leurs collègues dans l'affaire Hedi. "C'est l'incompréhension du placement en détention provisoire dans le cadre en fait de l'exercice du métier de policier", explique la policière, rencontrée par les équipes de TF1 dans la vidéo en tête de cet article. Si Laure Garcia assure que les policiers ne sont "certainement pas au-dessus des lois", elle estime que "le policier doit pouvoir bénéficier d'un statut spécifique lorsqu'il agit dans le cadre de son métier. Il y avait peut-être d'autres moyens comme le bracelet électronique, comme le contrôle judiciaire", estime la policière.

Cette vague d'arrêts maladie est aussi, selon elle, le résultat d'un métier de plus en plus difficile. "Ces émeutes sont d'une violence inouïe, extrême. On a face à nous des personnes qui sont déterminées à attenter à la vie des policiers. Je suis allée voir le médecin. Je lui ai simplement dit : je suis arrivée au bout de cette violence que l'on accumule, je suis arrivée au bout, en fait, de cette déconsidération", déclare-t-elle.

"La boule au ventre"

Des commissariats fermés, impossible de déposer plainte pendant plusieurs semaines, moins de policiers dans les rues… "Est-ce que vous compreniez le sentiment d'abandon qu'il a pu y avoir au sein de la population ?", l'interroge-t-on. "Évidemment, on le comprend. Lorsque vous manquez de quelque chose, vous vous apercevez de l'absence et de l'utilité de cette chose qui vous manque", affirme-t-elle. "C'est pour cela qu'il faut comprendre le mal-être", rétorque Laure, co-auteure du livre "Je suis flic et ce soir je vais me suicider".

Elle remettra toutefois son uniforme lundi, par conscience professionnelle, selon elle. "Je reprends le travail demain avec une boule au ventre parce que véritablement, je ne vois pas d'amélioration", regrette la policière. "Je reprends le travail demain, mais avec beaucoup moins de convictions dans mes actes, beaucoup moins d'envie également".

Lire aussi

La direction générale de la Police nationale a annoncé vendredi que certaines demandes d'arrêts maladie seraient désormais refusées pour garantir la continuité du service public.

La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Sophie Chevallereau, Liza Foesser Eckert, Quentin Danjou

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