REPORTAGE - Congo : dans les pas des orpailleurs, forçats en quête de quelques paillettes d'or

LCI - 06/08
[VIDÉO] - Dans la réserve de Dimonika, au Congo, des orpailleurs creusent la terre à la recherche de paillettes d'or. Dans la forêt, plus de 3000 hommes affluent de tout le pays pour y travailler. Mais les conditions y sont très précaires.

Dans la réserve de Dimonika, au Congo, des orpailleurs creusent la terre à la recherche de paillettes d'or.
Dans la forêt, plus de 3000 hommes affluent de tout le pays pour y travailler.
Mais les conditions y sont très précaires.

Ils creusent la terre du matin au soir, à la recherche de paillettes d'or. Dans la réserve naturelle protégée de Dimonika, située dans le massif du Mayombe dans le sud-ouest du pays, les orpailleurs n'ont qu'un seul objectif, comme le résume l'un d'eux, nommé Depanic : "Avoir de l'or pour chercher à manger." Leurs méthodes sont archaïques : pieds nus et munis d'une simple pelle, les chercheurs d'or doivent travailler sous un soleil accablant. Dans ces mines sauvages, le mercure dépasse les 30°C. 

Un orpailleur congolais interviewé par TF1 affirme que "la souffrance et la misère" sont quotidiennes. Un autre confie : "Les conditions de travail sont précaires, c'est misérable. C'est difficile." Dans cette forêt, plus de 3000 hommes en quête de fortune et d'argent pour nourrir leur famille affluent de tout le pays, la plupart devant laisser femme et enfants dans leur ville d'origine. Dans cette réserve de biosphère, reconnue par l'Unesco en 1988, les arbres tiennent parfois en équilibre au-dessus d'un gruyère de terre creusée par les travailleurs.

De maigres recettes

Aucun de ces chercheurs d'or n'a d'autorisation, mais leurs pratiques sont ancestrales. Comme Claude, la plupart ont débuté très jeunes, avec l'or comme seul avenir. "Il n'y a pas d'autre activité à faire que l'orpaillage. Il fallait entrer dans la danse, travailler comme les autres", souligne-t-il.

Cet orpaillage artisanal s'organise en petits groupes. Il y a d'abord ceux qui creusent, puis ceux qui sondent le sol avec un détecteur de métaux. Puis, un dernier groupe se charge de filtrer la boue et les graviers à la recherche des fameuses paillettes d'or. Certains orpailleurs doivent composer avec de maigres recettes, comme Jean-Félix, dont la bassine remplie d'eau et de graviers ne comporte que quelques petites pépites. "Avec le travail que je fais, le résultat ne peut pas être comme ça. Je ne suis pas content", déplore Jean-Félix, qui estime ses gains du jour à 12 euros ; une somme qu'il devra partager avec son équipe.

Des pépites d'or vendues 44 euros le gramme

D'autres orpailleurs sont plus chanceux, comme Parfait. Il est parvenu à revendre ses pépites pour 44 euros le gramme. Son butin vaut plus de 75 euros, soit presque la moitié d'un smic local, ce qui lui permet de se nourrir. Pour certains chercheurs d'or, le salaire est vite dépensé. Le soir, l'alcool coule à flots dans les bars du village parmi ceux qui ont fait recette. "On travaille dur, c'est mérité", glisse l'un d'entre eux. 

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La fièvre de l'or dure depuis plus d'un siècle à Dimonika. Déjà, dans les années 20, les colons belges ont fait fortune dans ce village. Ils ont laissé derrière eux tout un patrimoine historique, à l'image de la maison du tout premier chercheur d'or, Armand Vigoureux. Aujourd'hui, l'habitation a été transformée en auberge touristique. De l'époque coloniale à aujourd'hui, l'or n'a jamais cessé d'attirer de plus en plus d'ouvriers chaque année. Au village de Dimonika, le nombre d'orpailleurs a triplé ces huit dernières années.

N.K | Reportage TF1 Paul Géli, Antoine Janssens

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