REPORTAGE - Guerre en Ukraine : les grands brûlés soignés gratuitement par des cliniques privées

LCI - 05/08
[VIDÉO] - Depuis quelques mois, l'Ukraine a mis sur en place le programme "Neopalymi". Il permet à tous ceux qui ont été brûlés dans le cadre de la guerre de pouvoir recevoir des soins gratuitement. Ouvert aux militaires et aux civils, le programme a déjà pris en charge 150 personnes.

Depuis quelques mois, l'Ukraine a mis sur en place le programme "Neopalymi".
Il permet à tous ceux qui ont été brûlés dans le cadre de la guerre de pouvoir recevoir des soins gratuitement.
Ouvert aux militaires et aux civils, le programme a déjà pris en charge 150 personnes.

Qu'ils soient volontaires dans l'armée ou simples civils, les cliniques ukrainiennes soutiennent aussi l'effort de guerre. C'est le cas de la clinique privée Choupeniouk, à Kiev. Depuis plusieurs mois, le pays a mis sur pied un programme "national de réhabilitation des personnes affectées par la guerre". Son nom ? "Neopalymi", pour "ininflammable" en ukrainien. Il permet à des victimes civiles ou militaires de la guerre de suivre gratuitement un traitement pour leurs brûlures et cicatrices graves.

Au total, 25 cliniques médicales réparties dans 15 régions d'Ukraine, ainsi qu'à Varsovie, Cracovie ou Chisinau participent à ce programme, précise le site officiel du dispositif. "Avant de faire le traitement au laser, on utilise certains médicaments qui assouplissent le tissu conjonctif rugueux (...) D'abord des injections, puis un broyage au laser, et grâce à cela (les cicatrices) deviennent plus fines, plus légères, moins rugueuses, plus douces", explique Kateryna Bezverchenko, la dermatologue de la clinique Choupeniouk.

Elle soigne, notamment, Serguiï Prychtchepa. En mars 2022, il a été grièvement brûlé dans l'explosion de sa voiture sur une mine antichar, près de Kiev, la capitale ukrainienne. En 16 mois, il a subi plusieurs greffes de peau prise sur ses jambes et plusieurs opérations de la mâchoire et d'une main. Désormais, il vient régulièrement dans la clinique de la capitale.

Déjà plus de 150 personnes soignées

"La moitié de nos patients sont des civils, et pas seulement de la région de Kiev (...) Il y a un homme qui vient d'être touché par un drone dans son appartement. Sa mère est morte, il a survécu, mais il est gravement brûlé", explique Kateryna Bezverchenko. Elle soigne aussi Felix Rasko, 35 ans, volontaire engagé dans l'armée depuis février 2022. Il a été grièvement brûlé aux mains en octobre dernier dans le Donbass, quand le bâtiment où il dormait a été bombardé la nuit par les Russes.

"J'ai eu beaucoup de chance, à partir du moment où ces roquettes ont volé vers nous et jusqu'au moment où j'ai été soigné. Tout le monde n'est pas traité comme ça", explique-t-il. "Même pour les pommades qu'ils me donnent, je ne paie rien, tout est gratuit, et cela m'aide vraiment", se félicite-t-il, alors qu'une seule séance de soins au laser coûte plusieurs centaines d'euros.

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Initié après le début de l'invasion russe, "Neopalymi" fonctionne depuis un an. Financé par des dons privés, en partenariat avec le ministère ukrainien de la Santé, il a déjà permis de soigner quelque 150 personnes.

Retrouver le reportage dans la clinique Choupeniouk en intégralité grâce à la vidéo en tête de cet article.

B.L.

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