Un après-midi d'été –et qui dit été, dit débardeur–, j'attends mon tour chez un commerçant quand je sens le regard insistant d'un homme, la soixantaine, sur mes bras. L'homme se rapproche (très, trop près) et me glisse à l'oreille «Vous aimez beaucoup les animaux», d'une voix franchement gênante, presque effrayante.
D'abord, je ne réalise pas. Puis, je percute: il parle de mes tatouages –j'en ai une bonne dizaine, représentant majoritairement des animaux. Je lui réponds que ça ne le regarde pas, que ses remarques m'ennuient. Mes tatouages ne sont pas un appel à la discussion ou aux commentaires. Ils sont quelque chose de personnel, dont je n'ai pas envie de parler, encore moins à des inconnus.
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Et là, l'escalade: je suis «folle», «névrosée», «féministe» –apparemment, c'est une insulte. Il part dans une diatribe sur les «les jeunes de maintenant» –j'ai 41 ans, je me marre–, et sur le fait qu'il voulait juste entamer une discussion. «Si vous n'êtes pas contente, vous n'avez qu'à porter plainte», sort-il quand je lui exprime simplement mon refus d'échanger –ou plutôt de l'écouter puisque, apparemment, je n'ai pas mon mot à dire. Une plainte? Ce n'est pas le sujet, la seule chose que je veux lui faire comprendre, c'est que son comportement est inapproprié et intrusif. Je finis par tourner les talons.
Fin de l'incident. Dommages: pas grand-chose, tout au plus de l'agacement. Agacement sur le moment, et p...
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