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Phébé – Le paradoxe de l’antiracisme
Le Point, magazine - LePoint -
25/06
Le politologue Eric Kaufmann montre que, si les attitudes racistes aux États-Unis sont au plus bas, nombreux sont ceux qui voient le racisme partout.
Le paradoxe est au moins aussi vieux que Tocqueville, qui lui a donné son nom pour la postérité : lorsque l'état d'une société s'améliore, la perception des problèmes se fait plus aiguisée et ces derniers semblent plus fréquents, alors qu'en réalité ils diminuent. « La haine que les hommes portent au privilège s'augmente à mesure que les privilèges deviennent plus rares et moins grands, de telle sorte qu'on dirait que les passions démocratiques s'enflamment davantage dans le temps même où elles trouvent le moins d'aliments », écrivait le célèbre philosophe dans De la Démocratie en Amérique. Et il poursuivait : « Il n'y a pas de si grande inégalité qui blesse les regards lorsque toutes les conditions sont inégales ; tandis que la plus petite dissemblance paraît choquante au sein de l'uniformité générale ; la vue en devient plus insupportable à mesure que l'uniformité est plus complète. »
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Dans un récent rapport pour le think tank Manhattan Institute, « The Social Construction of Racism in the United States », le politologue Eric Kaufmann applique le paradoxe de Tocqueville au ... [Courte citation de 8% de l'article original]
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