La prochaine saison épidémique sera-t-elle plus apaisée sur le front de la bronchiolite pour les nouveau-nés et leurs familles comme pour les soignants ? S'il est trop tôt pour le dire, c'est en tout cas l'espoir véhiculé par l'annonce, mardi 1er août par la Haute Autorité de Santé (HAS), d'un avis favorable pour la prise en charge d'un traitement préventif contre les infections des voies respiratoires dues au virus respiratoire syncytial (VRS) chez les nourrissons. Le timing de cette annonce, avant l'automne où la maladie commence chaque année à sévir, semble a priori idéal pour espérer échapper à une saison hivernale aussi virulente que la précédente.
Concrètement, dès le mois de septembre prochain, le Beyfortus, un anticorps monoclonal développé par le groupe pharmaceutique français Sanofi aux côtés du laboratoire britannique AstraZeneca, pourra donc être prescrit en France. D'ici là, les pharmacies pourront commander le traitement mis à disposition par l'État "sans facturation aux patients", comme indiqué par la direction générale de la santé la semaine dernière, en prévision d'un avis favorable. Pour les enfants qui naîtront pendant la saison épidémique, soit entre octobre et mars, l'injection de Beyfortus pourra être administrée par l’équipe médicale avant de quitter la maternité, a indiqué de son côté le groupe pharmaceutique français Sanofi dans un communiqué. Si elle n’a pas pu se faire en maternité, un rattrapage pourra être effectué en ville lors d’une visite pédiatrique.
Le médicament consiste en l'injection d'une dose unique dans la cuisse de l'enfant avant la saison où la maladie est la plus virulente (automne et hiver). Si le principe se rapproche de celui d'un vaccin, il n'en est pourtant pas un d'un point de vue scientifique.
En permettant d’étendre la prévention des formes graves de la bronchiolite, cet anticorps est censé permettre d'éviter une hospitalisation dans 83% des cas, ont calculé les essais cliniques menés ces dernières années. De quoi soulager les soignants dans un contexte où près de 75.000 passages aux urgences pour des cas de bronchiolite ont été recensés lors de la dernière saison épidémique, selon les données de Santé publique France. Parmi eux, plus de 26.000 ont abouti à des hospitalisations chez des enfants de moins de deux ans, selon des chiffres des services d’urgences. Si cette affection respiratoire, qui provoque chez les bébés une toux et une respiration difficile, est généralement sans gravité, elle a provoqué cette saison une épidémie d'une ampleur sans précédent depuis plus de dix ans. Celle-ci, qui avait commencé assez tôt, s'était calmée en début d'année avant d'observer un petit rebond, en partie alimenté par une souche différence du virus.
À titre de repère, on estime que la bronchiolite touche chaque hiver près de 30% des nourrissons de moins de deux ans dans l'Hexagone, ce qui représente environ 480.000 cas par an, rappelle la HAS. L'hospitalisation s'impose rarement puisque 2 à 5% des nourrissons de moins d’un an sont hospitalisés pour une bronchiolite à VRS chaque année.
Si le Beyfortus est porteur d'espoir, la Haute Autorité de Santé considère cependant qu'il apporte "une réponse partielle au besoin médical identifié" car il n'y a pas encore de données qui permettent d'"étayer un éventuel impact de Beyfortus" sur la durée d’hospitalisation, le transfert en unité de soins intensifs ou en réanimation, et la mortalité. Cette dernière recommande en conséquence la collecte de données supplémentaires, notamment concernant les "échecs" du Beyfortus chez les enfants ayant fait l'objet d'une injection.
La Commission annonce ainsi qu'elle "réévaluera le médicament" à la lumière de toutes nouvelles données disponibles dans un délai maximal d'un an à compter de la date de cet avis.
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