Il y a des retours auxquels on ne s'attend pas. Celui d'Arthur Vincent, par exemple. Gravement blessé au genou contre Brive, le 17 septembre dernier, le même où il avait enduré une rupture du ligament croisé en 2021, le centre de Montpellier sort de deux saisons quasi-blanches (9 matchs joués). Malgré les incertitudes sur son état de forme, Fabien Galthié n'a pas hésité à lui tendre la main, en le retenant sa liste de 42 pour préparer la Coupe du monde, qui s'ouvre le 8 septembre (à 21h, en direct sur TF1, MYTF1 et TF1info). Convoqué début juin pour un mini-stage d'évaluation, le double champion du monde U20 a apporté les garanties suffisantes au staff tricolore pour qu'il poursuive le préparation, en principauté de Monaco puis à Marcoussis.
Sur l'aire de jeu du Centre national du rugby (CNR), la maison du XV de France, l'Héraultais (23 ans, 14 sélections) savoure ce retour inespéré. Mais il ne s'en satisfait pas. Lui rêve de jouer le Mondial avec le maillot frappé du Coq. Ce qui pousse le champion de France 2022 à se décarcasser pour prouver qu'il a sa place dans le groupe, qui sera réduit de 42 à 33 éléments, le 21 août. TF1info est allé à sa rencontre, à la veille du week-end de repos précédent le premier test-match en Écosse.
La Coupe du monde, c'était ma "carotte"
Arthur Vincent, centre du XV de France
Vous sortez d'une saison noire. En septembre dernier, vous vous êtes gravement blessé au genou, après avoir déjà connu une rupture du ligament croisé en 2021. Comment allez-vous ? Avez-vous retrouvé vos sensations ?
Arthur Vincent : Je me sens très bien, merci. Je suis très content de pouvoir préparer la Coupe du monde. Ces deux années un peu compliquées, avec mes deux blessures au genou, sont derrière moi. J'ai plutôt de bonnes sensations. Je suis très heureux d'être ici, à Marcoussis, même si on souffre pas mal sur le terrain. Mais c'est pour la bonne cause, comme on dit.
Vous n'avez pas joué une minute depuis le 17 septembre. Ce qui est long, très long même, surtout dans le sport de haut niveau. Pourtant, vous voilà. Vous attendiez-vous à être appelé pour préparer la Coupe du monde ?
Lorsque je sors contre Brive, c'est la deuxième fois que je me faisais les croisés. Ça ne sentait pas bon. Les résultats des examens ont confirmé ce que je craignais : j'ai dû me faire réopérer du même genou. À ce moment-là, c'est vrai que ça paraissait un peu compliqué de pouvoir en être. D'autant qu'il a fallu que je respecte un protocole de rééducation plus long que la première fois. Forcément, sur des périodes comme ça, on doute beaucoup. Il y a des hauts et des bas. Mais j'avais la Coupe du monde en tête, c'était ma "carotte" tout au long de ma convalescence. Ça m'a donné un but. Je suis resté focus sur cet objectif, j'ai continué à m'entraîner, à tout donner pour ne pas avoir de regrets. On m'a bien accompagné, que ce soit mon club, Montpellier, ou l'équipe de France. Dix mois plus tard, j'ai la chance d'être ici, donc c'est génial.
À titre personnel, comment vous êtes-vous préparé durant cette absence ?
Ça a été un long chemin. Après mon opération, j'ai passé cinq semaines sans poser le pied parterre, deux mois avec des béquilles. Ça a été plus compliqué, plus chaotique que lors de ma première blessure (en 2021). Il a fallu que je prenne le temps, que je fasse attention, encore plus que la première fois, pour pouvoir bien récupérer. En neuf mois, on a le temps de se fixer des objectifs à atteindre. J'ai pris les jours les uns après les autres, j'ai franchi les étapes une après l'autre, sans perdre de vue ma "carotte". C'est ce qui m'a poussé à sortir de mon lit tous les matins et à bosser fort pour être là aujourd'hui.
Solidarité et entraide sont nos mots d'ordre
Arthur Vincent, centre du XV de France
On a pu vous voir à l'œuvre à l'entraînement. Malgré l'effort soutenu et continu qui vous est demandé depuis le stage à Monaco, vous y allez plein badin. Quel est votre ressenti à la fin de ce premier bloc de la préparation pour le Mondial ?
Plutôt bon. Jour après jour, on se rapproche de l'objectif. On avait tous hâte de se retrouver et de commencer, enfin, à préparer cette Coupe du monde. On sort d'un mois de préparation très intense, avec un travail de précision. On a eu un peu chaud lors de notre séjour à Monaco, donc ça nous a fait du bien de retrouver un peu d'air frais ici, à Marcoussis, même si...
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