Le président russe Vladimir Poutine a défendu la répression grandissante visant la société civile et les voix critiques en Russie, l'estimant nécessaire dans le cadre de l'offensive russe en Ukraine. "Nous sommes en 2023 et la fédération de Russie est engagée dans un conflit armé avec un voisin. Et je pense qu'il faut adopter une certaine attitude à l'égard des personnes qui nous causent des dommages à l'intérieur du pays", a-t-il déclaré durant une conférence de presse avec des journalistes russes. "Nous devons garder à l'esprit que pour réussir, y compris dans une zone de conflit, nous devons suivre certaines règles", a-t-il poursuivi.
"TOUT LE MONDE A BONDI"
"À un moment, on a entendu l'explosion et ça a fait comme une onde. Tout le monde a bondi. Et puis il y a eu beaucoup de fumée, on ne voyait plus rien. Vu d'en haut, on apercevait les flammes", a déclaré un témoin de l'attaque de drones qui a visé Moscou dans la nuit.
AU MOINS UN MORT SUITE À UNE FRAPPE RUSSE EN UKRAINE
Un missile russe a frappé la ville ukrainienne de Soumy, dans le nord-est du pays, samedi soir, a annoncé la police. Les autorités ont annoncé un bilan initial d'"au moins un civil mort et cinq blessés" lors de cette attaque qui a touché un établissement éducatif.
Selon le média public Suspilne, l'un des bâtiments de la structure éducative a été détruit par l'explosion qui s'est produite "vers 20h00" locales (19h00 à Paris). Sur des images diffusées par Suspilne, apparaissent les décombres de cet édifice.
ATTAQUE DE DRONES CONTRE MOSCOU
Sur Telegram, le maire de Moscou, Sergueï Sobianine a annoncé qu'une attaque nocturne de trois drones avait été déjouée dans la nuit, sans faire de victimes. "Des drones ukrainiens ont attaqué cette nuit. Les façades de deux tours de bureaux de la ville ont été légèrement endommagées. Il n'y a pas de victimes ni de blessés", a-t-il écrit.
Le ministère russe de la Défense a précisé que l'un des drones avait été abattu et que les deux autres, "neutralisés par la guerre électronique", s'étaient écrasés sur un complexe de bâtiments. Par ailleurs, l'aéroport international Vnoukovo, dans le sud-ouest de Moscou, a été brièvement fermé au trafic et les vols déroutés, a affirmé l'agence de presse russe TASS, citant les "services d'aviation", avant d'annoncer leur reprise peu après.
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Vladimir Poutine répondait à un journaliste du quotidien russe Kommersant lui demandant de commenter les arrestations récentes d'un politologue et d'une metteuse en scène, Boris Kagarlitsky et Evguénia Berkovitch. "Ces gens ont été arrêtés pour les mots qu'ils ont dits ou écrits, est-ce normal ?", a demandé le journaliste, faisant le rapprochement avec les purges staliniennes de 1937.
Politologue réputé, spécialiste de la gauche en Russie, Boris Kagarlitsky a été inculpé cette semaine pour "appels publics au terrorisme" et placé en détention provisoire à Syktyvkar, dans le Grand Nord russe. Il avait publiquement exprimé son opposition à l'offensive en Ukraine. Evguénia Berkovitch a pour sa part été arrêté début mai et accusée d'"apologie du terrorisme" pour une pièce qu'elle a mise en scène en 2020, racontant l'histoire de femmes russes recrutées sur internet pour épouser des islamistes en Syrie.
Depuis le début de l'offensive des troupes russes en Ukraine et l'adoption de lois interdisant toute parole critique, plusieurs médias indépendants russes ont été obligés de suspendre leurs activités ou quitter le pays et de nombreux opposants se sont exilés ou ont été emprisonnés. Des milliers d'amendes et plusieurs lourdes peines de prison ont visé pêle-mêle anonymes, militants et intellectuels.
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