ÉDITORIAL. La justice et l’apaisement

Ouest France - 29/07
En première ligne face à une succession de crises, les forces de l’ordre font entendre à la fois leur grogne et leur épuisement. Il est temps de prendre du recul et de calmer le jeu, dans le respect de la justice et du droit. Sauf à chercher à ajouter du drame au drame.

Dans un an, Paris accueillera les Jeux olympiques. On nous annonce une fête mémorable sous les regards du monde entier. Parfait. Mais un mois après la mort d’un jeune homme de 17 ans, tué à Nanterre par un policier après un refus d’obtempérer, et après les nuits d’émeutes qui ont suivi, il est difficile d’envisager l’échéance olympique en toute sérénité.

Le 5 juillet, devant le Sénat, le ministre de l’Intérieur dressait le bilan de ces cinq nuits de violences urbaines : dans plus de 500 communes du pays, 2 508 bâtiments incendiés ou dégradés, dont 168 écoles et 105 mairies, et des centaines de commerces saccagés ; dix-sept élus physiquement agressés ; 45 000 membres des forces de l’ordre mobilisés en urgence, parfois rappelés de leurs congés, pour affronter le chaos ; 3 500 personnes interpellées, moyenne d’âge 17-18 ans.

Peu après, le ministre de la Justice précisait que 1 300 personnes avaient été présentées à la justice, dont plus de 700 condamnées à de la prison ferme. Cette semaine, on apprenait que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) enquêtait sur une trentaine d’affaires de policiers ou de gendarmes accusés de violences.

On aurait aimé s’en tenir là de cette énumération au goût de cendres alors que les Fr...
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