Fronde des policiers : "moins de 5%" des agents suivent le mouvement, selon Darmanin

LCI - 27/07
[VIDÉO] - Le ministre de l'Intérieur s'est exprimé à propos du mouvement de contestation qui a gagné les commissariats. Selon lui, moins de 5% des agents sont en arrêt maladie ou refusent de travailler. Gérald Darmanin reçoit jeudi soir les syndicats de police.

Le ministre de l'Intérieur s'est exprimé à propos du mouvement de contestation qui a gagné les commissariats.
Selon lui, moins de 5% des agents sont en arrêt maladie ou refusent de travailler.
Gérald Darmanin reçoit jeudi soir les syndicats de police.

Il avait jusque-là gardé le silence. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à la faveur d'un déplacement ce jeudi dans un commissariat du 19e arrondissement de Paris, s'est exprimé au sujet de la fronde de la police. Accompagné du préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, et du directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, il a d'abord assuré l'institution de "toute [sa] reconnaissance, tout [son] soutien et de toute [sa] confiance". 

"Je les comprends. Je comprends cette émotion, je comprends cette colère et je comprends cette tristesse", a déclaré le locataire de la place Beauvau, après avoir évoqué la mobilisation des forces de l'ordre lors des violences urbaines qui ont secoué le pays à la suite à la mort du jeune Nahel, tué le 27 juin dernier par un policier à Nanterre. "On leur crache dessus, on les insulte, on les vilipende", a-t-il dénoncé, après avoir fait référence à "des partis politiques qui disent que la police tue".

"Moins de 5% des policiers en arrêt maladie"

À propos du mouvement de contestation au sein de la police, qui consiste pour les agents à se mettre en arrêt maladie ou à n'assurer que le service minimum dans les commissariats - ils n'ont pas le droit de grève -, Gérald Darmanin a affirmé que "moins de 5% des policiers, soit se sont mis en arrêt maladie, soit ont refusé d'aller au travail". Aucun chiffre n'avait été jusqu'ici communiqué par le ministère de l'Intérieur. 

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La fronde au sein de la police est née après l'incarcération d'un agent de la BAC de Marseille. Ce dernier, et trois de ses collègues, sont soupçonnés d'avoir passé à tabac Hedi, un jeune homme de 21 ans, dans la nuit du 1er au 2 juillet dernier dans une ruelle de la cité phocéenne. Grièvement blessé, il raconte, entre autres, avoir reçu un projectile de flashball dans la tête et avoir été roué de coups. 

S'il a refusé de commenter l'affaire, Gérald Darmanin a néanmoins déclaré que "s'il y a eu faute, elle sera sanctionnée par la justice". "Je veux évidemment apporter mon soutien à toute personne qui se sent blessée", a-t-il indiqué, avant d'ajouter que "les policiers ne réclament pas l'impunité, ils réclament le respect. (...) ils ne peuvent pas être les seules personnes en France pour qui la présomption d'innocence ne compte pas". Il a cependant souligné que la "fatigue" et la "colère" des policiers ne devaient pas leur faire "oublier le sens" de leur mission", "au service de la population".

De retour d'un voyage aux côtés d'Emmanuel Macron en Nouvelle-Calédonie, le ministre de l'Intérieur reçoit ce jeudi soir les organisations syndicales de la police. Elles demandent notamment la création d’un statut spécifique du policier mis en examen, excluant la détention provisoire d’un agent agissant en mission. 

Sarah BOUMGHAR

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