L'ouverture à la conduite seul, dès 17 ans, voulue par Élisabeth Borne, est synonyme de nouveaux clients pour les auto-écoles. C'est le cas notamment dans le nord où les inscriptions s'envolent. Hugo, 16 ans, qui vit à Lannoy, vient ainsi de déposer son dossier de candidature. Sa trottinette électrique n'est plus assez rapide à son goût. "Pour se déplacer, une voiture c'est quand même plus facile. Si on veut faire des sorties, au lieu de demander à chaque fois aux parents, s'ils sont pas là, eh ben, on a notre voiture et on peut se déplacer où on veut", argumente le jeune homme dans la vidéo en tête de cet article.
Dans le cas de cet apprenti menuisier, la voiture est synonyme d'indépendance. Des jeunes comme lui, Frédéric Duterte, gérant de l'auto-école "Casteleyn", en rencontre de plus en plus. "Des gens de 16, 17 ans, on en a toujours eu, mais pas pour le permis dans l'immédiat parce que c'était pas possible. Mais là, maintenant, plutôt que de se renseigner sur la conduite accompagnée, ils viennent se renseigner directement sur le permis", affirme-t-il.
Même constat quelques kilomètres plus loin à Roncq où l'auto-école est submergée d'appels avec à la clé beaucoup de questions. Certains veulent savoir "quand ce sera mis en place, les modalités, pour qui ça s'appliquerait, est-ce que ce sera vraiment pour tous les élèves", égrène Matthieu Danel, formateur en conduite à l'auto-école "Ozone formation".
Mais cette mesure, effective dès janvier 2024, pose quelques difficultés. Par exemple, à l'auto-école du Centre, à Villeneuve d'Ascq, il faut attendre parfois plus de quatre mois pour prendre des heures de conduite. Une affluence qui laisse peu de répit pour les formateurs. "Moi, tous les jours, j'ai 8 ou 9 élèves différents, donc neuf heures de conduite et ça, c'est pour tous les jours. Donc, ça veut dire que dans mon planning, j'ai jamais de trous", reconnait Zineddine Touzout, moniteur.
En plus des emplois du temps saturés, il y a aussi un manque d'inspecteurs pour faire passer les examens. "Si à l'aboutissement, on forme nos candidats et que nous n'avons pas de places d'examen, ça va être problématique. Dans le département du nord, les délais sont déjà très longs pour repasser les candidats, comment vont faire mes collègues, c'est impossible", s'inquiète Marie-Françoise Le Berre, présidente régionale du syndicat des professionnels de l'automobile.
Les 53 examinateurs du département du nord ne suffisent plus. Les auto-écoles demandent un recrutement d'urgence.
Sur lemême thème