Plus qu'un dernier coup de marteau, avant que la façade de la maison ne soit achevée. Une bâtisse entièrement recouverte de bois sur ses murs extérieurs, mais pas seulement : "Le plancher est en bois, les murs aussi, la charpente", égrène le constructeur dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article. Même l'isolant est fabriqué en fibre de bois. Et ce choix de matériau pèse sur le prix : pour cette maison de 150 mètres carrés, comptez 350.000 euros, soit 15% de plus qu'une construction en béton.
Mais si la fabrication est plus chère, elle a aussi ses avantages. Grâce aux matériaux renouvelables et d'origine naturelle, la construction est plus propre pour l'environnement. Les bois coupés restent capables de stocker le carbone, permettant ainsi de réduire les gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Une maison en bois bénéficie par ailleurs d'une très bonne isolation phonique et thermique, ce qui séduit forcément les clients. "On a un carnet de commandes qui s'étend sur quasiment un an", se réjouit le constructeur.
Mais ce n'est pas le seul atout de ces constructions : le bois permet aussi d'imaginer sa maison autrement. Chez l'une des entreprises de la filière, filmée dans le reportage, tout est déjà préfabriqué en atelier avant d'arriver sur le chantier. Après avoir posé le plancher, fixé les murs et le plafond, les ouvriers aménagent tout l'intérieur jusqu'à la salle de bain, "comme un gros Lego", commente l'un d'entre eux. Ce bloc, prêt à l'emploi, peut devenir un logement de 20 mètres carrés, ou vient s'ajouter à d'autres blocs pour former une maison entière.
"On va très vite en construction : on arrive sur le chantier, on descend les modules du camion, les quatre modules sont assemblés et la maison est quasiment finie. En un mois, on peut avoir les clés directement", déroule le fabricant. Là encore, le succès est au rendez-vous : l'entreprise a prévu d'embaucher 80 salariés supplémentaires l'année prochaine. "Notre carnet de commandes double chaque année depuis deux ans, et on envisage de le doubler encore dans les années à venir", souligne l'un de ses représentants.
L'enjeu est maintenant de trouver le bois nécessaire pour assurer tous les chantiers. En France, les forêts sont nombreuses et s'étendent sur 17 millions d'hectares en métropole, soit 31% du territoire. L'Hexagone est même le premier producteur de chêne en Europe et le deuxième au niveau mondial. Mais ces forêts appartiennent pour les trois-quarts d'entre elles à une multitude de petits propriétaires privés, et il est donc difficile pour les entreprises de passer de grosses commandes d'un seul coup. Xavier, gestionnaire de forêts dans le Morvan qui témoigne dans le reportage, coordonne plusieurs exploitations pour aider justement les forestiers à mettre en commun leurs ressources.
Mais le secteur doit faire face à d'autres défis de taille, comme le dérèglement climatique, qui menace directement les espèces : non seulement il favorise le déclenchement d'incendies, en augmentant la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur et de sécheresse, mais il entraîne aussi une surmortalité et un affaiblissement des arbres. La mortalité des forêts a ainsi augmenté de 54% ces dix dernières années, selon l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), tandis qu'en parallèle, elle absorbe de moins en moins de CO2.
"Le chêne et le hêtre, dans le centre de la France, sont en train de dépérir. Dans le sud, ce sont le pin sylvestre et le châtaignier, et dans le Grand-Est les épicéas et les sapins", liste Xavier, qui estime qu'il va "bien falloir que l'on les renouvelle". Désormais, les forestiers recherchent des espèces plus résistantes à la chaleur. Dans les prochaines décennies, des arbres d'ordinaire implantés dans le sud, comme le cèdre ou le pin maritime, pourraient être introduits dans les forêts du Morvan. En octobre dernier, Emmanuel Macron avait affiché l'objectif de renouveler "1...
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