LE FESTIVAL DE CHASSEPIERRE Á L’AUBE DE SON CINQUANTENAIRE

Adopsweb - LaLibre - 26/07
Les arts de la rue seront une nouvelle fois à l’honneur les 19 et 20 août

Cinquante ans plus tard, le presque quinquagénaire se porte comme un charme

Il y quarante-neuf ans, en 1974, une dame de 45 ans, passionnée par sa terre gaumaise, viscéralement attachée à Florenville où elle est née en 1928, et où elle décèdera 93 ans plus tard, se balade tranquillement dans son village préféré, Chassepierre, un des plus beaux villages de Wallonie. Ecrivaine et poétesse, Marie Fizaine, dont les œuvres regorgent de références à l’histoire et au patrimoine de sa région, se laisse bercer par le crépuscule, par le soleil qui rutile encore dans les méandres de la Semois. Dans quelques jours, elle accueillera quarante-neuf de ses amis, écrivains et poètes venant des quatre coins de Belgique et de France, pour un ‘Festival des Poètes et des Écrivains’.

Elle ne se doute évidemment pas qu’un demi-siècle plus tard, le modeste festival sera devenu au fil des ans, le ‘Festival International des Arts de la Rue’, un festival de renommée internationale, de forme bien différente, mais dont chaque spectacle dégage un parfum de poésie. De là-haut, assise dans étoiles, Marie peut se réjouir de cette fête où perdure l’esprit qu’elle a initié.

L’an prochain, l’édition 2024 sera marquée d’une pierre blanche. Les cinquante bougies de l’anniversaire seront soufflées. Dans les coulisses, les organisateurs préparent dès maintenant les flonflons et surprises qui sont jalousement enfermés dans des tiroirs pour en garder le secret absolu.

l ©Chassepierre

En attendant l’anniversaire de 2024, l’édition de cette année, les 19 et 20 août 2023 va, comme toujours, déployer un dynamisme propre à un jeune premier enthousiaste. Preuve en est que le Festival de Chassepierre est un véritable carrefour de différentes générations. Ceux qui ont connu les premières éditions, quand ils usaient leurs culottes sur les bancs râpés de leur école, reviendront cette année pour découvrir des spectacles sans cesse renouvelés, en famille, avec leurs enfants et leurs petits-enfants, des ados ou même des bambins encore dans leur poussette. Pour rien au monde, ils ne rateraient le rendez-vous habituel de l’avant-dernier week-end d’août.

Viser l’excellence tout en préservant l’âme du Festival

En un demi-siècle, 1 500 compagnies et 800 000 spectateurs ont découvert les charmes des rives de la Semois qui longent les charmantes ruelles de Chassepierre. Ces cinquante éditions ont connu des moments forts qui resteront à jamais gravés dans la mémoire de ceux qui les ont vécus, mais aussi quelques moments plus difficiles. La magie du festival de Chassepierre a toujours opéré lorsqu’une météo plus défavorable a succédé à des éditions ensoleillées. Les festivaliers déploient alors des trésors de solutions originales pour que la fête puisse continuer dans la bonne humeur.

En parcourant le livre qui retrace les cinquante Festivals, c’est l’histoire des ‘Arts de la Rue' qui défile. Il fut un temps où l’expression ‘Arts de la Rue’, n’existait pas, où quelques amateurs bricolaient un peu de matériel pour présenter un spectacle naïf et quasi improvisé. Aujourd’hui, tout s’est professionnalisé, des artistes, formés dans des filières spécialisées, ont fait de leur passion pour cet art multiple, un véritable métier.

La réussite du Festival de Chassepierre vient avant tout d’avoir suivi cette évolution exceptionnelle, tout en gardant son âme. Il est le seul en Europe à pouvoir fêter un tel anniversaire, celui de noces d’or entre les artistes et leur public, mais aussi entre un petit village gaumais et une fête délirante.

Le délire n’est jamais loin de la folie. On ne craindra pas d’affirmer que l’histoire du festival, c’est une succession de paris aussi fous les uns que les autres. Pari fou qui a réussi à prendre le virage de la professionnalisation, en réunissant l’excellence tant au niveau de l’organisation que des spectacles proposés, mais surtout sans perdre un iota de son âme rurale particulière et de son ambiance bon enfant. Pari fou qui a permis à ce petit village d’une centaine d’habitants d’accueillir un public que n’importe quel club de Belgique de foot de division1 rêverait d’accueillir pour ses matches à domicile, 25 000 festivaliers chaque année. Pari fou mené par une ASBL qui a réussi à rassembler 300 bénévoles qui prennent une part prépo...
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