C'est la première fois que le niveau d'alerte atteint le palier le plus haut, depuis la mise en place de la Météo des Forêts en juin dernier. Les Bouches-du-Rhône viennent d'être placées en vigilance rouge ce mardi, tandis que le Vaucluse et le Var sont en vigilance orange. Ce sont les scientifiques de Météo France qui déterminent ce niveau d'alerte, en se basant sur des critères de température, de vent, d'humidité et de précipitations. La chaleur enregistrée depuis quelques semaines, et la présence de Mistral et de Tramontane, ont contribué à l'alerte. La plupart des massifs forestiers seront interdits d'accès, dont les très touristiques Calanques, entre Marseille et Cassis.
La doctrine française en matière d'intervention est basée sur l'attaque rapide des feux naissants. "Pour être traité efficacement dans les secteurs où le risque incendie est élevé", explique l'Observatoire national des forêts françaises, "un feu doit avoir parcouru moins d'un hectare lorsque les premiers intervenants commencent à le combattre". En période de risque élevé, le feu doit être attaqué "dans les 10 minutes suivant sa détection". Cette approche rend cruciale une détection précoce, pour laquelle des moyens humains et techniques considérables sont mis en action à la première alerte.
Une surveillance aérienne est déployée, par avion et par drone, mais aussi des patrouilles terrestres d'intervention, qui permettent à la fois de détecter et d'agir. Ce sont aussi d'innombrables personnels qui prennent position aux abords des forêts et dans les vigies. Depuis ces tours de guet, érigées dans toutes les zones sensibles, des pompiers scrutent inlassablement la ligne de la canopée, à l'affût de tout signe d'incendie.
Mais de plus en plus, ce sont des caméras qui sont installées à la place du personnel humain, pilotées par des algorithmes qui améliorent sensiblement la détection. Elles sont placées sur des points souvent déjà existants, comme des châteaux d'eau ou des pylônes EDF, sans nécessiter de construction nouvelle. Mais surtout, elles fonctionnent 24h/24, balaient l'horizon sur 360°, et sont capables de détecter des départs de feux nocturnes.
Pourtant, "il ne s'agit pas de caméras thermiques", précise à TF1info Edouard Bouillot, le directeur technique de la société spécialisée Paratronic. Le principe de ces caméras optiques "est de détecter des fumées, et non des flammes", explique-t-il. Selon lui, non seulement leur portée est beaucoup plus importante que celle des caméras thermiques (ou de l'œil humain), mais elles déjouent également les "fausses détections". Ainsi, pour une caméra thermique, une voiture au moteur chaud peut être pris pour un départ de feu, et déclencher inutilement une alerte.
"Depuis une tour", insiste Edouard Bouillot, "la première information sur un incendie naissant est la fumée qu'il produit". La détection est donc plus rapide, et l'intervention peut être déclenchée avant que le feu ne s'étende. Là où l'intelligence artificielle entre en jeu, c'est pour interpréter comme étant une fumée ce qui parfois ne représente que quelques pixels de l'image enregistrée. C'est toute la difficulté pour l'algorithme au cœur du logiciel : "Définir ce qu'est une fumée".
"De la même manière que vous utilisez parfois l'intelligence artificielle pour détecter, voire reconnaître quelqu'un sur une photo, vous l'utilisez ici pour déceler une fumée dans une photo", résumé l'ingénieur. Et inversement, pour ne pas déclencher d'alerte inutile. Ce sont plusieurs caméras qui sont installées sur au moins deux points pour la surveillance d'une même zone, permettant au logiciel de comparer lui-même les détails de plusieurs images, invisibles à l'œil nu.
Le système de détection "ADELIE" de la firme Paratronic, a été adopté dans plusieurs départements français, où ils ont remplacé les guetteurs. Des caméras balaient la canopée en permanence, chacune sur un rayon de 20 km, et perçoivent d'éventuelles anomalies avant l'œil humain. Mais surtout, ils améliorent le déclenchement de l'alerte et sa pertinence.
Auparavant, explique le responsable de la firme française, les vigies humaines devaient appeler, chacune depuis son poste, un poste central qui allait déduire le site du départ de feu en croisant les données reçues. Une opération désormais cen...
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