Malgré le large sourire de leurs enfants, Catherine et son mari ne sont pas encore complètement détendus. La famille a bien failli annuler ses trois semaines de vacances en Grèce. "J'ai eu peur que l'on ne puisse pas atterrir à Athènes à cause des fumées, et ensuite, évidemment, on a toujours peur que les incendies ne viennent nous rattraper", explique la mère de famille dans le reportage du 20H de TF1 en tête d'article. Mais elle a finalement décidé de maintenir malgré tout son voyage, et s'apprêtait lundi après-midi à embarquer avec ses proches à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle.
Ils ne sont pas les seuls à vouloir rallier comme prévu leur destination de vacances, même si les flammes continuent de ravager une partie des îles touristiques grecques de Rhodes, de Corfou et d'Eubée, alors que des températures devraient atteindre les 44 degrés ce mardi. "Nous avons encore trois jours difficiles devant nous", a mis en garde lundi le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. Sans que cela perturbe les projets de nombreux touristes. "Cela ne m'inquiète pas du tout, pour l'instant sur l'île de Lesbos il n'y a pas d'incendie", souligne une voyageuse. "C'est déjà organisé, déjà programmé, donc j'y vais", lance une autre.
Pour l’instant, les voyagistes ne constatent pas d’impact sur les réservations pour la Grèce, et très peu d’annulations. "On compte seulement une petite vingtaine d'annulations dans le réseau Tourcom pour des problèmes de santé, surtout des problèmes respiratoires. Ce sont des personnes qui ont la crainte de partir avec des difficultés d'asthme ou autre", explique Richard Vainopoulos, président de ce réseau d'agences de voyages.
Dans le cas d’un problème de santé, l’assurance voyage prend en charge l’annulation du séjour. Mais si vous ne souhaitez plus aller en Grèce, par simple peur des incendies ou de la canicule, la situation est claire, vous ne serez pas remboursé. "Pour se faire rembourser suite à un cas de force majeur, comme un incendie, il faut que la compagnie annule son vol ou que l'hôtel soit fermé. Vous serez alors entièrement remboursés de votre voyage, sans passer par l'assurance", explique Laurent Abitbol, président des réseaux d'agences de voyages Selectour, Havas Voyages et Héliades. Mais ce voyagiste, l'un des leaders du secteur, veut se montrer rassurant : "on peut aller en Grèce sans aucun problème", assure-t-il.
D'autres se sont montrés bien plus circonspects. "Tous ont suspendu les départs jusqu’à demain mardi pour le moment" au niveau de l'île de Rhodes, a indiqué lundi au Figaro Valérie Boned, secrétaire générale de l'organisation professionnelle des Entreprises du voyage (EDV). Elle a assuré au quotidien que les agences allaient faire preuve d'une "grande flexibilité", par exemple en proposant "des reports de voyage ou de destination peut faire partie des options".
Au niveau international, l'agence allemande TUI a annoncé lundi annuler toutes les réservations et vols vers l'île de Rhodes jusqu'à vendredi. Dans la partie sud-est de l'île, celle qui se retrouve en proie aux incendies, les réservations seront même supprimées jusqu'à dimanche. En revanche, des avions décolleront à vide pour venir chercher les voyageurs déjà sur place et les ramener chez eux, a-t-elle précisé sur Twitter. Au total, quelque 7800 clients ont déjà été évacués sur les 39.000 que compte le voyagiste sur l'île. Ceux qui avaient déjà programmé un séjour jusqu'au dimanche "peuvent réserver à nouveau pour d'autres destinations ou annuler leur voyage sans frais", a-t-il ajouté.
Du côté des compagnies, les gestes commerciaux se multiplient pour répondre à l’inquiétude des clients sur cette même île de Rhodes. Air France, Transavia ou Easyjet proposent par exemple un rebord sans frais des vols jusqu’à dimanche. Air France a notamment augmenté la capacité de ses avions au départ de l'île vers...
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