Sommes-nous face à un échec de la politique de la ville?

Simon Ronai - Slate FR - 23/07
Les émeutes récentes posent des questions complexes qui, au-delà de l'urbanisme, traversent toute la société.

Répartis sur 859 communes du territoire national, les 1.514 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) sont peuplés de 5,4 millions d'habitants (8% de la population française). Ils concentrent la pauvreté, la délinquance, la violence sociale et l'insécurité.

Autant de réalités concrètes, palpables, sensibles que, depuis vingt ans, une politique volontariste de démolition/reconstruction a voulu métamorphoser en transformant l'habitat, en sécurisant les espaces publics, en désenclavant les quartiers par les transports urbains (bus, métros, tramways). Le but avoué était d'y attirer de nouveau les catégories sociales populaires qui avaient massivement quitté ces quartiers dès les années 1970, dans un parcours résidentiel qui les a fréquemment menées dans l'habitat pavillonnaire périurbain.

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Une vieille histoire

La «crise des banlieues» et leur paupérisation rampante ont été diagnostiquées très tôt avec la circulaire Guichard (du nom de l'ancien ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Équipement) du 21 mars 1973, relative aux formes d'urbanisation et à la lutte contre la ségrégation sociale par l'habitat, qui a arrêté la construction des grands ensembles. Observant que la petite classe moyenne commençait déjà à partir, le tournant politique en faveur de l'accession à la propriété était amorcé.

En 1977, le groupe de travail interministériel «Habitat et vie sociale» avait engagé la mise à niveau du parc HLM si rapidement dév...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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