Au cœur de l'été, notre fil Instagram regorge d'images de destinations lointaines particulièrement photogéniques. Et cet étalage de clichés de rêve, souvent pris à des milliers de kilomètres de chez nous, n'a rien d'anodin.
Fruit de stratégies de communication bien huilées, ces contenus banalisent et rendent aussi désirable que possible le fait d'aller se ressourcer loin de chez soi. Une manière d'alimenter le tourisme de masse, dont les conséquences délétères sur l'environnement et les populations sont désormais de notoriété publique. Et si Instagram servait aussi à promouvoir des voyages plus en phase avec les défis de notre époque?
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Il fut un temps où voyager loin n'était pas si banal, car non accessible à toutes les bourses. La création des premières compagnies aériennes low cost dans les années 1980 a changé la donne. Puis, la percée dans nos quotidiens des réseaux sociaux –notamment de l'application Instagram, créée en 2010, qui mettait initialement la photo au cœur de sa raison d'être–, n'a fait qu'accélérer le phénomène du tourisme de masse, déjà bien en marche.
Pour Amélie Deloche, cofondatrice du collectif Paye ton Influence, Instagram joue un rôle désormais central dans nos habitudes de voyage. «On peut dire que c'est la première agence de voyage du monde, affirme-t-elle. En raison de la quantité d'images de voyage publiées quotidiennement sur l'application, nos imaginaires sont désormais imprégnés de l'idée qu'il est normal de voyager fréquemment et à l'étranger, que ce soit pour le travail ou pour des vacances.»
Au-delà des photos de vacances prises par des particuliers, Instagram est aussi massivement investi par les professionnels du tourisme, qui font appel à des influenceurs pour poser dans des endroits lointains et les photographier sous leur meilleur profil. «Ces images imprègnent nos consciences et nous envo...
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