Il devait mener une politique ambitieuse pour transformer « l’école du futur », l’un des axes prioritaires du second mandat d’Emmanuel Macron. Mais Pap Ndiaye, qui va quitter le ministère de l’Éducation - pour laisser la place à Gabriel Attal, selon Le Monde et BFMTV -, avait également pour mission de marquer une rupture avec son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer.
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« Sa nomination était une surprise, se souvient Lilia Ben Hamouda, rédactrice en cheffe du Café pédagogique, un média en ligne très lu chez les professeurs. Personne ne s’attendait à voir son nom sortir. C’était l’antithèse de Jean-Michel Blanquer dans le discours, qui a une vision de l’école marquée à droite. »
Jean-Michel Blanquer avait entretenu des relations ombrageuses avec les syndicats d’enseignants, qui lui reprochaient d’annoncer chacune de ses réformes par voie de presse - notamment depuis Ibiza – et sans concertation. Sur ce plan, les débuts de l’universitaire Pap Ndiaye ont d’abord laissé place à l’optimisme : « Humainement, il savait arrondir les angles, témoigne Isabelle Vuillet, représentante de la CGT Éducation. Mais ensuite, on l’a vu de moins en moins. » « Il n’avait aucun pouvoir, les dossiers de l’école étaient pilotés depuis l’Élysée », analyse Lilia Ben Hamouda, du Café pédagogique.
Guislaine David secrétaire générale du Snes-FSU, évoque les principales politiques éducatives lancées depuis sa nomination rue de Grenelle, en mai 2022 : « Le président était de tous les déplacements importants. C’est lui qui communiquait, pas le ministre. » Isabelle Vuillet, de la CGT Educ’action, cite la réforme des lycées professionnels : « On lui reproche de s’être mis en retrait par rapport à Carole Grandjean, la ministre déléguée à la formation professionnelle sous la double-tutelle du ministère du Travail. Or, les lycées pros, cela reste l’Éducation nationale. »