Canicule : comment Météo-France mesure-t-elle ses "records de chaleur" ?

LCI - 20/07
[VIDÉO] - Alors que le mercure atteint des sommets dans le sud de la France, Météo-France scrute de près les records de température décrochés par certaines stations. Mais tous les relevés ne sont pas pertinents. Une multitude de facteurs doivent être pris en compte pour s'assurer qu'une mesure est la plus fiable possible.

Alors que le mercure atteint des sommets dans le sud de la France, Météo-France scrute de près les records de température décrochés par certaines stations.
Mais tous les relevés ne sont pas pertinents.
Une multitude de facteurs doivent être pris en compte pour s'assurer qu'une mesure est la plus fiable possible.

À l'heure où les épisodes de chaleur sont de plus en plus fréquents et intenses dans le pays, amplifiés par le changement climatique dû aux activités humaines, la précision des mesures de température est plus que jamais cruciale pour repérer les records, qui s'enchaînent ces derniers jours dans le sud de la France. Mais la tâche n'est pas simple pour Météo-France, qui doit se plier à des critères drastiques pour rester fidèle aux normes internationales. Et les détails ont leur importance. Avec ses 41,8°C mesurés le 18 juillet, le village de Puget-Théniers aurait par exemple pu établir le nouveau record absolu des Alpes-Maritimes, mais la station est trop proche de surfaces bétonnées, qui absorbent la chaleur et peuvent donc faire monter le mercure. La température détectée ne pouvait donc pas être représentative de toute la zone aux alentours. 

Pour l'agence de prévisions météorologiques, l'enjeu est de taille : les mesures des plus de 500 stations de Radome, le réseau d'observation au sol en temps réel de Météo-France, viennent ensuite alimenter celui de l'Organisation météorologique international (OMM) et de ses quelque 10.000 stations à la surface du globe. Un relevé indispensable pour une observation fine du climat mondial destinée à la recherche et aux politiques publiques.

Vent, végétation, localisation... Une multitude de critères à prendre en compte

Pour établir ses mesures, Météo-France utilise dans chacune de ses stations une sonde thermométrique calibrée, sous un abri blanc ajouré qui permet de faire passer l’air tout en protégeant du rayonnement venant à la fois du soleil et du sol, explique Le Figaro. L'agence suit les normes de l'OMM et applique une "classification environnementale" pour chacune de ses stations, qui varie en fonction de tout un panel de critères : vent, précipitation, température/humidité, rayonnement… Ainsi, un site de classe 1 sera considéré comme un site de référence, tandis qu’un site de classe 5 correspond à une station où des obstacles proches peuvent brouiller les relevés, ne permettant pas de dégager des mesures qui soient représentatives pour une grande étendue, de quelques dizaines de kilomètres carrés au moins. 

Pour obtenir le relevé le plus fiable possible, il faut donc veiller à rassembler de nombreuses conditions. "Un site de classe 1 doit être situé sur un terrain plat et horizontal, avec un sol recouvert de végétation naturelle basse (inférieure à 10 cm) représentative de la région", explique par exemple Météo-France à l'AFP. Pour la température et l'humidité, "les capteurs à l'intérieur de l'abri doivent être installés à une hauteur standard de 1,5 m". Sans compter l'emplacement du point de mesure, qui est aussi crucial : "À plus de 100 mètres de chaleurs artificielles ou surfaces réfléchissantes (bâtiments, aires bétonnées...), à plus de 100 m d'étendues d'eau (sauf si elles sont significatives de la région), à l'écart de toute ombre portée lorsque la hauteur du soleil est supérieure à 5 degrés".

Au regard de ces critères, la station du village de "Puget-Théniers ne fait pas partie de la liste de stations fiables du fait de la présence à proximité de surfaces bétonnées et de rochers" pouvant provoquer une légère surchauffe, souligne Météo-France.

La longévité entre aussi en jeu

Mais cela ne signifie pas pour autant que les valeurs soient à mettre au placard. Pour cause, d'autres conditions entrent aussi en ligne de compte pour déterminer un record comme le "réseau de la station (Météo-France ou partenaire), l'analyse par les prévisionnistes, l'étude photographique, etc", liste le service météo national. Mais aussi la date à laquelle le site a ouvert : la célèbre station parisienne de Montsouris est ainsi de classe 4 mais "fait partie des stations sur lesquelles nous communiquons étant donné la longévité de la station (1872) et sa localisation (Paris intra muros)", explique Météo-France.

"Si un site dispose de plus de 30 ans de mesures continues de la température, alors Météo-France peut communiquer sur un éventuel record" (mensuel ou "absolu", c'est-à-dire tous mois confondus), en prenant aussi en compte "la cohérence spatio-temporelle de la donnée avec des mesures voisines", p...
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