L'un des plus grands scénaristes du cinéma français vient de mourir. Il y a deux ans Jean-Claude Carrière revenait pour nous sur ce film mythique de 1969...
Les images sont en noir et blanc. Le grain de la pellicule trahit le temps passé. Rien n’empêche d’y ajouter les couleurs du présent. Le 12 août 1968 sur l’aéroport de Nice, un petit coucou en provenance de Berlin se pose. Alain Delon, 33 ans, beau comme un camion, fait les cents pas entouré de journalistes. Romy Schneider, 30 ans, s’apprête à débarquer. Dans quelques jours, ils vont débuter le tournage de La piscine, un thriller ensoleillé signé Jacques Deray. Sur la piste d’atterrissage, Delon a eu le temps de prévenir l’assemblée : "Romy est devenue une femme. Ce n’est plus une jeune fille, ce n’est plus Sissi cette fille avec les joues bien rondes… D’ailleurs vous allez vous en apercevoir tout à l’heure." Tout à l’heure, c’est maintenant. Romy descend les quelques marches dans une robe sans manches. Elle porte des gants blancs comme une reine en voyage officielle. Souriante et belle, les gestes sont pourtant hésitants, presque gauches. Cela rajoute au charme de cette réapparition. En bas, sur le tarmac, Delon chemise ouverte, cheveux au vent, n’a pas de fleurs à la main. Les roses, c’est du passé. 10 ans déjà, que Delon, alors jeune premier débutant, attendait dans un autre aéroport, la même femme, déjà star, qui l’avait choisi sur une simple photo pour être son chevalier servant à l’écran. "Son personnage sonnait faux ! avait alors pensé Romy Schneider. Il était trop bien coiffé, trop bien habillé, avec son costume très à la mode. Même le bouquet de roses qu’il avait à la main était trop rouge." Ca n’avait pas empêché ces deux-là de s’aimer. Puis de se quitter. Delon avait posé des roses près de sa lettre de rupture. Aujourd’hui, les rôles se sont presque inversés.
A Nice, Romy touche enfin terre. Delon la couvre de baisers, l’enlace pour mieux la protéger. L’allure est décontractée mais les lèvres pincées trahissent l’émotion. Un journaliste s’approche de l’étreinte : "Vous êtes émus ?" Alors que l’Allemande suffocante acquiesce maladroitement, le Français, sûr de lui, bombe le torse et recadre "Vous aussi vous êtes émus derrière ce micro !" Delon, l’œil pétillant, regarde l’objectif d’un air entendu. Il a conscience que ce qui se joue là appartient déjà à la légende. Ces retrouvailles, tout le monde en rêvaient. Romy et Alain, le couple star d’un temps pas si lointain. Elle, a depuis choisi l’effacement et une vie rangée à Berlin. Lui, l’omniprésence. Delon est une star. C’est lui qui a téléphoné à Romy pour lui demander de revenir en France et d’imprimer à nouveau la pellicule de sa puissante beauté. Au départ les producteurs ont fait la moue à l’idée d’engager une comédienne un peu oubliée. Mais Delon peut tout, alors Sissi - qui n’est plus Sissi donc - rapplique illico. Delon rallume les flammes que l’on croyait éteintes. Bientôt, entre eux, ce sera torride. Une histoire d’eau avec beaucoup de remous. Comme avant. Ou presque.
“Deux trous du cul!”
Dans sept jours sous le soleil à Ramatuelle exactement, ils seront donc Marianne et Jean-Paul pour la caméra de Jacques Deray qui adapte un roman de Jean-Emmanuel Conil (aka Alain Page pour les férus de romans noirs). Jean-Paul et Marianne, sont beaux, ils s’aiment, se la coulent douce au bord d’une villa avec piscine, font l’amour l’après-midi avec la grande bl...
[Courte citation de 8% de l'article original]