Mort de Jane Birkin, la plus anglaise des chanteuses françaises

Olivier Nuc - LE FIGARO - 16/07
L’artiste est décédée à l'âge de 76 ans. Actrice à ses débuts, elle restera à jamais liée au nom de son premier mentor, Serge Gainsbourg et à leur chanson culte Je t'aime, moi non plus .

Jane Birkin demeurera longtemps l'Anglaise préférée des Français. À Paris, la jeune fille de bonne famille, figure discrète du Swingin' London, se réinventera en chanteuse et en égérie de Serge Gainsbourg sans jamais perdre ce petit accent reconnaissable entre mille. Elle n'a que 21 ans lorsqu'elle entre dans la vie du musicien, avec son bébé, Kate, née de son mariage avec le compositeur de musique de film John Barry, sous le bras. Ensemble, ils formeront le couple le plus emblématique du Paris des années 1970. Sous une apparence de muse malléable, Jane Birkin influencera profondément Gainsbourg à son tour, lui permettant de mettre au point le personnage très photogénique vêtu de jean, chaussons de danse Repetto, veste et barbe de trois jours.

Fille d'une comédienne célèbre du Londres d'avant-guerre, Judy Campbell, et de David Birkin, figure de la Royal Navy, Jane Mallory Birkin grandit dans le quartier de Chelsea à Londres. Excessivement timide, elle est élevée dans le but de devenir une épouse modèle. Ce qu'elle devient, à 18 ans seulement, en épousant le playboy John Barry, compositeur célébré pour son travail sur les bandes originales de la série James Bond. À ses côtés, elle demeure une épouse effacée, apparaissant dans quelques films en qualité d'actrice. « Dans un article de Newsweek consacré à John, une légende photo disait : “John Barry avec sa Jaguar Type E et sa femme type E.” Cruel, mais vrai. Pas une seconde, je n'imaginais alors avoir un quelconque intérêt », nous avait-elle confié.

Après quelques apparitions fugaces dans des films oubliés, elle tourne notamment en 1966 dans le chef-d'œuvre d'Antonioni, Blow Up, chronique grinçante du Swingin' London. On lui doit une des premières scènes de nu de l'histoire du cinéma britannique. Elle apparaît aussi dans le psychédélique Wonderwall, dont la bande originale est signée par George Harrison, des Beatles, avec lequel elle monte les marches du Festival de Cannes en 1968. Il ne s'agit pas de sa première visite en France. Encore adolescente, elle avait vécu comme fille au pair dans l'immeuble du 16...
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