Depuis quelques années, le secteur financier et la dette publique sont largement financés par les banques centrales. Il faut même remonter à la Seconde Guerre mondiale pour retrouver une monétisation des dettes aussi massive. Le parallèle entre les deux périodes est éclairant. Les conséquences de la monétisation des dettes ne se limitent pas à une inflation en puissance. La monnaie créée ex-nihilo stimule certaines activités, mais détraque progressivement des pans entiers de l'économie en hypertrophiant l'immobilier et biaisant différents marchés, y compris celui du travail. Malgré ses conséquences néfastes, rebrousser le chemin de la monétisation paraît improbable. La sortie expérimentée il y a quatre-vingts ans permet d'envisager les évolutions des années à venir.
Au-delà des oppositions gauche-droite, des appels à une dépense publique supposée salvatrice ou à une austérité de principe, tous gouvernements confondus, la dette publique enfle irrésistiblement. Cela n'est pas sans conséquences. L'histoire montre en effet que les épisodes de fort endettement ou de fort désendettement font toujours des gagnants et des perdants.
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Depuis vingt-cinq ans, le déficit public de la France s'établit en moyenne à 3,9% de son produit intérieur brut (PIB). La dette publique, passée de 2.000 à plus de 3.000 milliards d'euros entre fin 2014 et début 2023, représente désormais 110% du PIB. Le tout sans réelle émotion, même sur les marchés financiers, car depuis 2015, la Banque de France (qui applique la politique de la Banque centrale européenne, BCE) a acheté pour 800 milliards d'euros de cette dette avec de la monnaie créée ex-nihilo. Cet argent magique serait-il la solution à nos problèmes? Le passé, malheureusement, n'incite guère à l'optimisme.
La dernière fois que la dette publique française a été financée dans des proportions similaires par la Banque de France fut pendant la Seconde Guerre mondiale. Bien sûr, le pays n'est pas occupé, la lutte contre le Covid-19 n'avait rien d'une véritable guerre et les déficits actuels financent des dépenses bien moins odieuses! Mais l'évolution de la situation financière au cours de ce conflit fait écho au chemin emprunté depuis quelques années. Cet épisode éclaire notre présent en évitant les pens...
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