Sindiwe Magona : « Maya Angelou m’a fait entrer en littérature »

Valérie Marin la Meslée - LePoint - 20/06
ENTRETIEN. Rencontre à Nantes, au festival Atlantide, avec l’autrice sud-africaine de « Mère à mère », un roman universel sur l’apartheid, enfin traduit en français.

Sindiwe, dans sa langue xhosa, signifie « être chargée » ou « être sauvée ». Sa mère l'avait ainsi prénommée parce qu'elle avait porté l'enfant au-delà des neuf mois prévus, quel poids ! Mais Sindiwe Magona a misé sur l'autre signification de son prénom, que son destin confirme : sauvée, oui, par l'éducation qui a fait d'elle l'écrivaine que l'on rencontre au festival Atlantide de Nantes, plus que jamais cette année tournée vers le continent africain. Née en 1943 au village d'Umtata dans la province du Cap-Oriental, et grandie dans le township de Gugulethu, aux abords du Cap, Sindiwe Magona ne ménage pas son énergie pour témoigner de livres en rencontres, de son parcours de combattante, pour la cause des femmes, la lutte contre le sida, la pauvreté… De cette petite femme au sourire éclatant on peut enfin lire Mère à mère, son premier opus traduit en français par Sarah Davies Cordova, avec une postface de Véronique Tadjo, paru aux éditions Mémoire d'encrier en 2019 et depuis quelques mois dans les librairies françaises.C'est un classique qui nous manquait ! Un livre enseigné en Afrique du Sud comme en Allemagne. Écrit à partir d'une tragédie ancrée dans la réalité sud-africaine, il est absolument universel : en août 1993, la jeune américa...
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