L’information a provoqué une vive émotion sur les réseaux sociaux. Dans deux entretiens accordés aux journaux espagnols El Pais et El Mundo à l’occasion de la sortie de sa série, La Nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, le réalisateur québécois Xavier Dolan a confirmé cette semaine sa volonté de ne plus réaliser pour le cinéma alors qu’il a fêté ses 34 ans au printemps dernier.
Fatigue de l’industrie cinématographique, panne d’inspiration, questionnements plus personnels… Les propos de l’auteur de Mommy et Juste la fin du monde ont fait l’effet d’une bombe alors qu’il tentait sensiblement les mêmes depuis l’automne dernier, dans Le Journal de Montréal, Le Monde ou encore Paris Match. Alors, alors ? Old news ou fake news ?
Vendredi, l'entourage de Xavier Dolan nous indiquait que sa carrière n'était pas forcément terminée et qu'il s'apprêtait à faire une mise au point. Elle est arrivée dans la soirée, sous la forme d'un message posté sur Instagram où il confirme sa volonté de ne plus faire de films… mais pas de réaliser.
"À la lumière d’articles récents publiés dans les médias espagnols, j’ai ressenti le besoin clarifier certaines pensées et certains points de vue", commence-t-il. "Certaines choses que j’ai dites durant la promo de ma série à El Pais et El Mundo ont alarmé certains d’entre vous, qui m’ont gentiment contacté pour prendre des nouvelles. Donc, avant tout, je vais bien. Merci vraiment".
"J’ai dit que je voulais arrêter de faire des films, et je me sens en paix avec cette décision", confirme Xavier Dolan. "Certains m’ont dit que ce n’était qu’une pause ou un break. Mais mon état d’esprit et le monde actuel ne m’inspirent pas de poursuivre ce qui était autrefois une vocation inévitable."
Je veux me consacrer à ma santé, mes amis et ma faille. J’ai d’autres passions, d’autres choses auxquelles je veux m’attacher
Xavier Dolan
"Cependant, je suis toujours impliqué dans des projets de télévision, et j’ai l’intention de tenir ma parole s’ils reçoivent le feu vert", révèle-t-il toutefois. "Autrement, je pense que c’en est fini. Je veux me consacrer à ma santé, mes amis et ma faille. J’ai d’autres passions, d’autres choses auxquelles je veux m’attacher."
Xavier Dolan regrette en revanche qu’on lui prête des propos dédaigneux sur l’art et le cinéma en particulier. Il reproduit ainsi une partie des 34 minutes d’interview qu’il accordé en Zoom au journaliste de El Mundo. Et notamment ce passage :
"Lorsque je regarde le monde, ça donne le sentiment que le travail est soudain... Sans importance. Et tout, tout petit. Très… Comment dire. Un peu insignifiant ? C’est un privilège faire des films dans cette industrie et de ne pas réaliser que le monde est en train de brûler pendant que nous faisons des films sur le monde en train de brûler !".
"De tous ces mots, El Mundo a retenu : 'l’art est insignifiant et le cinéma une perte de temps'", déplore Xavier Dolan. "La première partie de la phrase est une vaste généralité. Et la seconde, une pure invention. Ils ont aussi retenu : 'Je veux construire une maison à la campagne avec mes amis et regarder le monde mourir'. Ils auraient aussi bien pu écrire : "regarder le monde partir en flammes'. Sauf que je n’ai jamais dit ça".
Le cinéaste l’assure : "Non seulement je ne considère pas l’art insignifiant, ni le cinéma une perte de temps. Je pense même que l’art offre un remède à nos réalités suffocantes, et qu’il sauve des vies. Je serais toujours là pour encourager les artistes et les réalisateurs. Je n’ai juste plus le souhait de faire des films, parce qu’ils ne me rendent plus heureux. Mais ils l’ont fait. Et vous aussi".
Originaire de Montréal, Xavier Dolan a été révélé à l’âge de 20 ans avec son premier film, Comment j’ai tué ma mère, suivi par Les Amours Imaginaires, qui a révélé Niels Schneider, Laurence Anyways et Tom à la ferme. Qualifié "d’enfant prodige", l’acteur et cinéaste séduit par son goût du mélodrame et ses audaces esthétiques.
En 2014, il rencontre son plus grand succès avec Mommy, l’histoire d’une mère qui tente d’élever son adolescent impulsif avec l’aide d’une voisine énigmatique, avec Suzanne Clément, Anne Dorval et le jeune Antoine Olivier Pilon qu'il a dirigé dans le clip controversé de "College Boy" pour le groupe ...
[Courte citation de 8% de l'article original]