Mort de Nahel : le policier auteur du tir mortel maintenu en détention provisoire

LCI - 06/07
[VIDÉO] - La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a décidé ce jeudi de maintenir en détention provisoire le policier auteur du tir qui a atteint Nahel le 27 juin. Le jeune homme de 17 ans était décédé peu après avoir été touché. L'avocat du policier avait fait appel du placement détention de son client le 29 juin.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a décidé ce jeudi de maintenir en détention provisoire le policier auteur du tir qui a atteint Nahel le 27 juin.
Le jeune homme de 17 ans était décédé peu après avoir été touché.
L'avocat du policier avait fait appel du placement détention de son client le 29 juin.

"Confirmation sans surprise", tels sont les premiers mots prononcés ce jeudi 6 juillet vers 10h45 par Me Laurent-Franck Liénard, après que la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a décidé de maintenir en détention provisoire son client, le policier auteur du tir mortel sur Nahel à Nanterre le 27 juin lors d'un contrôle routier. 

Ce motard de la police avait été mis en examen pour "homicide volontaire" le jeudi 29 juin. Dans la foulée, il avait été placé en détention provisoire à la prison de la Santé à Paris. Incarcéré depuis, il est apparu en visioconférence lors de l'audience de la chambre de l'instruction.

Me Laurent-Franck Liénard avait immédiatement fait appel de son placement en détention. 

"Mon client n'a rien à faire en détention"

"Mon Client n'a rien à faire en prison ce n’est pas un délinquant, il ne va pas prendre la fuite au Guatemala. C’est quelqu'un qui, dans le cadre de ses fonctions, a pensé faire un acte qui était autorisé par la loi et nécessaire à sa survie", a réagi Me Liénard à l'issue de l'audience. 

"Il est en prison pour éteindre les feux, éviter que les gens pillent dans des magasins, c’est en corrélation avec les prévisions légales et c’est très choquant. Pour apaiser des gens qui expriment leur colère, on place quelqu'un entre quatre murs loin de sa famille. Ça me choque beaucoup", a poursuivi la robe noire.

"La seule chose qui a joué, c’est le trouble à l’ordre public. On dit que si on le laisse sortir ça va reflamber. C’est la rue qui tient la justice et ça n’est pas raisonnable", s'est-il agacé par ailleurs, alors qu'il n'avait pas encore pris connaissance des motivations de la chambre de l'instruction. 

Une demande de remise en liberté imminente

Me Liénard a d'ores et déjà annoncé qu'une demande de remise en liberté serait déposée très rapidement. Pour lui, le risque de concertation entre le motard mis en examen et son collègue présent le jour du drame, invoqué par certains, n'est pas recevable. "Il y aura (en cas de remise en liberté, ndlr) des contrôles judiciaires avec bracelets électroniques. Il y aura une interdiction de se voir. C’est ce qu’on fait tous les jours. C’est un fantasme que de dire qu'il y a un risque de concertation. Je ne défends pas un délinquant mais un policier qui a toute sa vie respecté la loi, il ne va pas la violer !", a martelé l'avocat. 

Me Liénard a rappelé par ailleurs que son client était depuis une semaine à l'isolement. "Il ne voit personne. Il est seul avec lui-même. Il écrit beaucoup. C’est un tsunami dans sa vie. Il est frappé comme quelqu'un qui a connu un traumatisme majeur. Il est en état de sidération. C’est totalement désespérant pour lui, une nouvelle cauchemardesque pour lui. Il garde espoir face à la machine à broyer judiciaire", a-t-il conclu. 

A.S avec Marie Belot

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