Mort de Nahel : après une semaine de violences urbaines, Gérald Darmanin fait le point

LCI - 05/07
[VIDÉO] - Le ministre de l'Intérieur était entendu ce mercredi devant la commission des lois au Sénat suite aux violences commises en France depuis la mort de Nahel, le 27 juin. Gérald Darmanin a révélé à cette occasion de nombreux chiffres sur les arrestations et dégradations notamment.

Le ministre de l'Intérieur était entendu ce mercredi devant la commission des lois au Sénat suite aux violences commises en France depuis la mort de Nahel, le 27 juin.
Gérald Darmanin a révélé à cette occasion de nombreux chiffres sur les arrestations et dégradations notamment.

Son audition était particulièrement attendue et les questions ont été multiples. Ce mercredi 5 juillet, huit jours après que Nahel a été tué par un tir de policier, Gérald Darmanin était entendu par la commission des lois du Sénat sur les violences urbaines que connaît la France depuis une semaine. 

À cette occasion, le ministre de l'Intérieur a rappelé, puis révélé des chiffres impressionnants concernant les interventions des 45.000 policiers et gendarmes mobilisés et les dégradations commises dans l'Hexagone par les personnes descendues dans la rue pour dénoncer l'usage de l'arme d'un policer contre l'adolescent. 

 Ainsi, depuis le début des violences le 27 juin, il y a eu "3505 interpellations, dont 1.373 à Paris et en proche banlieue", a détaillé le ministre de l'Intérieur. "La moyenne d'âge est entre 17 et 18 ans. Un tiers d'entre eux étaient mineurs (...) Le plus jeune interpellé a 11 ans et le plus âgé 59 ans", a-t-il précisé, insistant sur le fait que "les mineurs interpellés sont extrêmement jeunes pour la plupart".  Le ministre a ajouté que "seul 10% de personnes interpellées sont de nationalité non-française et qu'il y a eu 40 placements en centre de rétention, ce qui est peu sur 3505 personnes interpellées".  "60% des personnes interpellées n'ont pas de casiers judiciaires et sont inconnues des services de police" a-t-il souligné. 

"23 878 feux de voie publique"

Concernant les faits commis, le patron de la place Beauvau a indiqué que 23.878 feux de voie publique, "singulièrement des poubelles" ont été recensés. Il y a eu 12.031 véhicules incendiés, 2.508 bâtiments incendiés ou dégradés dont 273 qui "appartiennent aux forces de l'ordre, police nationale, gendarmerie ou police municipale". 105 mairies ont été "incendiées ou dégradées" et 168 écoles "ont fait l'objet d'attaques". "Sur la même période, 17 atteintes aux élus" ont été recensées par le ministère de l'Intérieur, dont celle bien sûr le cas de Monsieur le maire de L'Haÿ-les-Roses.

"Il n'y a que 10 saisies de l'IGPN ou l'IGGN", a par ailleurs expliqué le ministre de l'Intérieur, sans donner plus de détail.

Deux de ces enquêtes sont connues : l'une est menée par l'inspection générale de la police nationale (IGPN) après la grave blessure à la tête dont a été victime un jeune homme, actuellement dans le Coma, à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle) où intervenait le Raid le 30 juin.

L'autre, menée par l'IGPN et la police judiciaire, concerne la mort d'un homme de 27 ans dans la nuit de samedi à dimanche à Marseille, possiblement victime d'un tir de projectile de "type flash-ball", selon le parquet.

Refus d'obtempérer

Concernant les refus d'obtempérer, Gérald Darmanin a rappelé quelques chiffres au sujet des refus d'obtempérer. "En 2022, il y  a eu 25 800 faits connus par les services de police et de gendarmerie, soit un en moyenne toutes les 20 minutes. 5329 dans des circonstances exposant directement autrui au risque de mort. De 2016 à 2022, il y a eu une hausse de 5,8 % pour les refus et 27,3 % d'augmentation pour les faits de refus d'obtempérer dans des circonstances exposant directement quelqu'un à la mort". Le nombre de récidives par le même conducteur d'un véhicule a augmenté de 155%.   

"Dans ces conditions, est-ce que les policiers et gendarmes, notamment depuis la loi de 2017, augmentent leur intervention pour tirer ? La réponse est non", a assuré le ministre de l'Intérieur avant de citer l'évolution des chiffres depuis 2013. "Il y a de plus en plus de refus d'obtempérer et ils (policiers et gendarmes, NDLR) utilisent de moins en moins leurs armes. Ça, c'est la vérité des chiffres et j'ai le détail police et gendarmerie. Les deux baissent". 

Port des caméras piétons

Interrogé sur le port des caméras piétons, le ministre a indiqué qu'il y en avait aujourd'hui 53.000 en France pour les forces de l'ordre et que celles-ci sont désormais individualisées. "J'ai été extrêmement surpris que les motards de la DOPC (impliqués dans le drame de Nanterre NDLR) ne les portent pas. Je pensais au début à une faute de la hiérarchie, mais ça n'est pas vrai. Pourquoi ils ne la portent pas ? Parce que les équipements des motards est tel qu'il ne permet pas de mettre le harnais qui permet de mettre la caméra. C'est un problème technique, bien évidemment, que l'on peut le résoudre". 

"Bien sûr que les motards doivent porter leurs caméras piétons, et comme je suis ministre et que je n'ai pas tendance à regarder en dessous pour voir qui a fauté, je dis :'Mea Maxima Culpa". Nous allons changer ça. Nous allons faire en sorte que d'ici à la fin de l'année, tous les motards, police et gend...
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