Mort de Nahel : que sait-on du jeune passager de la voiture de la victime, entendu par l'IGPN ce lundi ?

LCI - 03/07
[VIDÉO] - Mardi dernier, un jeune homme qui se trouvait à l'avant du véhicule de Nahel a pris la fuite. Ce mineur de 17 ans était recherché depuis la mort de son ami d'enfance. Identifié, il a été convoqué ce jour à 11 heures par l'IGPN, police des polices, pour être entendu comme témoin dans le cadre d'une commission rogatoire.

Mardi dernier, un jeune homme qui se trouvait à l'avant du véhicule de Nahel a pris la fuite.
Ce mineur de 17 ans était recherché depuis la mort de son ami d'enfance.
Identifié, il a été convoqué ce jour à 11 heures par l'IGPN, police des polices, pour être entendu comme témoin dans le cadre d'une commission rogatoire.

C'est un témoin très attendu dans cette affaire. Une semaine après la mort de Nahel, 17 ans, et alors que le policier qui a tiré un coup de feu mortel avec son arme sur le jeune homme a été mis en examen pour "homicide volontaire" et placé en détention provisoire, un mineur était convoqué ce lundi matin à 11 heures dans les locaux de l'IGPN, police des polices. 

Âgé de 17 ans, ce jeune homme est le deuxième passager de la Mercedes MG jaune au volant de laquelle se trouvait Nahel, son ami d'enfance. Le premier, âgé de 14 ans et qui se trouvait à l'arrière de la voiture, avait été immédiatement interpellé après les faits. Placé en garde à vue, il en est ressorti libre sans poursuite quelques heures plus tard. Le deuxième passager, qui se trouvait à l'avant, côté passager, avait lui pris la fuite au moment du drame. Recherché par les forces de l'ordre, il a été identifié la semaine dernière puis convoqué ce lundi par l'IGPN, police des polices pour y être entendu. Voici ce que l'on sait de lui.  

Entendu comme témoin

Le jeune homme s'est présenté ce lundi matin pour être entendu par l'IGPN en qualité de témoin sur commission rogatoire. La commission rogatoire est l'acte par lequel un juge d'instruction délègue ses pouvoirs à un autre magistrat ou à un officier de police judiciaire (OPJ), afin de faire procéder à sa place à un ou plusieurs actes d'information.

Où était-il depuis mardi ?

Le jeune homme était recherché depuis mardi, jour de la mort de Nahel par les enquêteurs. Vendredi dernier, trois jours avant son audition devant le policier, ce témoin direct de l'homicide de son ami a donné une interview à nos collègues du Parisien. 

Le jeune garçon a expliqué avoir pris la fuite, "paniqué" après que Nahel a été atteint par la balle du policier. Il dit avoir ensuite quitté l'Ile-de-France pour Marseille, afin d'y passer quelques jours chez son père. Il est finalement revenu en région parisienne pour son audition ce lundi. 

Quelle est sa version des faits?

Le contenu de son audition face aux enquêteurs n'est pas encore connue à cette heure. S'il maintient la version donnée vendredi au quotidien régional, le jeune homme de 17 ans devrait répéter que mardi dernier, vers 8 heures du matin, les deux motards sont descendus de leurs deux-roues avant de courir vers la voiture de Nahel.

Le témoin a expliqué que l'un d'eux aurait sommé Nahel d'éteindre le moteur avant de lui mettre "un coup de crosse", "gratuitement". Le deuxième motard aurait, lui aussi, mis un coup de crosse à Nahel. Ce dernier, "un peu sonné" et "paniqué", "ne savait pas quoi faire". "Il avait la tête qui tournait, il ne pouvait rien faire, même pas parler. Il était vraiment traumatisé", a-t-il assuré à nos confrères. 

Les fonctionnaires auraient ensuite braqué Nahel avec leur arme, avant que l'un d'eux ne lui assène un nouveau coup de crosse. C'est là que ce dernier aurait dit à Nahel :  "Éteins le moteur, ou je te shoote !". L'autre aurait renchéri, en disant "Je vais te mettre une balle dans la tête !"

 Les avocats de la famille de Nahel ont annoncé mardi dernier qu'ils déposeraient "une plainte pour homicide volontaire contre le policier auteur du tir". "Son intention de donner la mort ne fait aucun doute puisqu’il résulte de la bande son de la vidéo qu’il annonce, avant son tir, 'Je vais te mettre une balle dans la tête'. La plainte visera également son collègue pour complicité d’homicide volontaire, lequel semble faire injonction à son collègue de faire feu en disant 'Shoot le' juste avant le tir", avaient pointé mardi dernier Me Bouzrou, Me Cambla, et Me Benamara dans un communiqué. 

Selon une source proche du dossier, le collègue du policier mis en examen a donné une tout autre version, déclarant en garde à vue avoir prononcé les injonctions suivantes : "Coupe" (le moteur, NDLR) et "Les mains derrière la tête".

L'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale réalise actuellement une étude minutieuse des bandes audio des vidéos pour savoir quels ont été les mots prononcés par les policiers ce 27 juin. 

Aurélie SARROT

Sur lemême thème

  • #Justice
  • #Police
  • Police, justice et faits diversLa France secouée par une vague de violence...
    [Courte citation de 8% de l'article original]
Loading...