Lorsque, le 21 juin 1943, Klaus Barbie, chef de la Gestapo à Lyon, vient personnellement arrêter sept dirigeants de la Résistance à Caluire-et-Cuire, dans la maison du docteur Dugoujon, il sait que parmi eux se trouve « Max ». Il ne sait pas qui est ce Max. Ce qu’il sait, en revanche, c’est que Max est le représentant du général de Gaulle en France.
Pour l’historien Fabrice Grenard, dans « Jean Moulin, le héros oublié », « ce 21 juin (…) les Allemands, sans avoir encore identifié les personnes arrêtées, ont réalisé leur plus beau coup de filet en mettant la main sur le représentant du général de Gaulle en France, Jean Moulin, et sur plusieurs membres de l’Armée secrète (AS), Raymond Aubrac, Henri Aubry, Bruno Larat, les colonels Schwarzfeld et Lacaze, le professeur Lassagne. L’homme qui a réussi à s’échapper est René Hardy, responsable au sein du mouvement Combat des sabotages ferroviaires. C’est grâce à lui que les Allemands sont arrivés sur les lieux. Volontairement ou non, il a trahi ses compagnons » (1).
La Gestapo embarque tout le monde à la prison Montluc, à Lyon. Craquant sous les coups, Henri Aubry révèle que « Max » est le patient du docteur Dugoujon qui se fait appeler « Martel ». L’enfer commence pour Moulin. Tous les jours, il est conduit au siège de la Gestapo, alors établi dans les locaux de l’École du service de santé militaire, avenue Berthelot. Là, il est affreusement battu et torturé. Barbie s’acharne sur lui. Max sait tout de ce qu’est la Résistance. Il en connaît les rouages et les hommes. Seulement quelques semaines auparavant, le 27 mai, il a présidé la réunion d’installation du Conseil national de la Résistance (CNR), ...
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